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	<title>Archives des Sur le front politique - Collective Mères Isolées</title>
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	<description>Association militante, engagée pour les droits des mères isolées et de leur enfant</description>
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	<title>Archives des Sur le front politique - Collective Mères Isolées</title>
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		<title>Plan pour la création d&#8217;un statut municipal de parent isolé</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/sur-le-front-politique/plan-pour-la-creation-dun-statut-municipal-de-parent-isole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Collective]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 16:21:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Nos tribunes]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi créer un statut municipal de parent isolé ?</p>
<p>On compte aujourd’hui une famille monoparentale sur quatre. Il s’agit là d’une véritable mutation sociale (12% de foyers monoparentaux en 2010, 20% en 2015[1] et 25% en 2021[2]. La société est en train de changer et cependant nos institutions et locales et nationales ne sont pas aptes à répondre aux défis imposés pour enrayer la précarité de ces foyers. Il y'a urgence à penser dans toutes nos villes de France la création d'un statut municipal de parent isolé et l'accès à l'ensemble des droits afférents en matière de logemnt, travail, santé, vie sociale et culturelle et accès à la réussite éducative.</p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/sur-le-front-politique/plan-pour-la-creation-dun-statut-municipal-de-parent-isole/">Plan pour la création d&rsquo;un statut municipal de parent isolé</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="726" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Statut-parent-isole-1024x726.jpg" alt="" class="wp-image-905" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Statut-parent-isole-1024x726.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Statut-parent-isole-300x213.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Statut-parent-isole-768x545.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Statut-parent-isole-1536x1090.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Statut-parent-isole.jpg 1748w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p id="statut-municipal-parent-isolé"><strong>Préambule&nbsp;:</strong></p>



<p><strong>Pourquoi créer un statut municipal de parent isolé&nbsp;?</strong></p>



<p>On compte aujourd’hui une famille monoparentale sur quatre. Il s’agit là d’une véritable mutation sociale (12% de foyers monoparentaux en 2010, 20% en 2015<a href="#_ftn1" id="_ftnref1"><sup>[1]</sup></a> et 25% en 2021<a href="#_ftn2" id="_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>. La société est en train de changer et cependant nos institutions et locales et nationales ne sont pas aptes à répondre aux défis imposés pour enrayer la précarité de ces foyers. Il y&rsquo;a urgence à penser dans toutes nos villes de France la création d&rsquo;un statut municipal de parent isolé et l&rsquo;accès à l&rsquo;ensemble des droits afférents en matière de logemnt, travail, santé, vie sociale et culturelle et accès à la réussite éducative.</p>



<p>Le niveau de vie des foyers monoparentaux est de 28% inférieur à celui des couples<a href="#_ftn3" id="_ftnref3"><sup>[3]</sup></a> et dans 55% des cas ces familles monoparentales sont pauvres, privées des droits les plus élémentaires&nbsp;: l’accès à un logement et à une vie décente, l’accès au travail, l’accès à la santé, l’accès à l’éducation, à la culture et aux loisirs.</p>



<p>C’est une question genrée qui touche dans 85% des cas des mères isolées en charge du foyer. Dans 40.5% des cas ces foyers vivent en dessous du seuil de pauvreté.</p>



<p>Selon les territoires les problématiques s’aggravent. Un coup de projecteur sur la Seine-Saint-Denis révèle par exemple que les iniquités territoriales s’avèrent être très marquées et de fait un facteur aggravant. Ainsi, si 50% des foyers monoparentaux en France doivent vivre avec un revenu moyen de 1400€ par mois, en Seine-Saint-Denis, ce revenu n’est plus que de 987€ par mois, situé bien en de ça du revenu minimum de vie décent.<a href="#_ftn4" id="_ftnref4"><sup>[4]</sup></a> En conséquence des budgets insuffisants dont disposent ces familles monoparentales pour vivre décemment, 40.5% des enfants de ces familles grandissent en dessous du seuil de pauvreté en 2021.</p>



<p>La monoparentalité est un enjeu fort de la lutte contre les violences économiques, sociales et politiques faites aux femmes et aux enfants car c’est une question genrée. Il est à noter que dans 83% des cas les foyers monoparentaux sont portés par des mères isolées<a href="#_ftn5" id="_ftnref5"><sup>[5]</sup></a>. La monoparentalité et les problématiques qui en découlent affectent donc majoritairement des femmes et des enfants souvent isolés, invisibilisés et précarisés.</p>



<p>Les 2 années de crise sanitaire ont redessiné le pouvoir d’achat des français, qui est un véritable révélateur des inégalités en France. Avec une inflation constante, certains postes budgétaires ont explosé pour nombre de familles françaises et 1/3 des ménages sont désormais jugés à risque de précarité.</p>



<p>Les budgets des familles monoparentales sont lourdement amputés du fait de l’absence d’un second revenu. Si les dépenses moyennes pour un enfant d’une famille vivant en couple chiffrent annuellement à hauteur de 8400€ selon l’étude de la DRESS de 2015 précitée, pour un enfant grandissant en foyer monoparental elles n’excèdent pas 5900€ / an. Analyser les postes budgétaires permet donc de voir que quel que les enfants issus de foyers monoparentaux sont systématiquement pénalisés.</p>



<p>Posons ce chiffre sans appel, seulement 0.25% du budget national est alloué aux questions d’égalité femme homme. La France remporte la 26ème place du classement sur 30 pays concernant l’aide apportée aux femmes. En conséquence de l’absence d’engagement, voire du désengagement croissant des pouvoirs publics vis-à-vis des populations précaires, les mères isolées cumulent à elles seules tous les défis : travail, justice, logement, santé. La création d’un statut municipal de parent isolé doit leur ouvrir l’accès à l’échelle locale à un ensemble de droits afférents en matière de logement, santé, travail, culture et loisir selon les 5 priorités établies ci-après.</p>



<p></p>



<p><strong>1. PERMETTRE L&rsquo;ACCES AU TRAVAIL</strong></p>



<p><strong>a. Discrimination à l’emploi et carrières nécessairement tronquées</strong></p>



<ol style="list-style-type:lower-alpha" class="wp-block-list"></ol>



<p>1/3 des parents de familles monoparentales n’ont pas accès à l’emploi et 37% des mères isolées travaillent à temps partiel subi. 20% d’entre elles sont en CDD ou en contrats courts. Il s’agit à l’échelle de la ville de&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Créer un service dédié à la monoparentalité afin d’accompagner le retour à l’emploi des mères isolées.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place des espaces de garderie solidaire à l’image des garderies solidaires ouvertes dans les maisons de quartier de Poitiers mises en place par l’UDAF et co-financées par la CAF (financement REAP).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place comme à Grenoble un dispositif d’accueil à domicile sur horaires atypiques qui s’adresserait prioritairement aux familles monoparentales de façon transitoire en l’attente d’une proposition de mode de garde pérenne.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place des crèches familiales qui travaillent en partenariat avec des assistantes maternelles afin de proposer une flexibilité de temps d’accueil maximale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ouvrir des quotas priorisant l’accès aux parents isolés en crèche AVIP afin de favoriser leur réinsertion professionnelle.</li>
</ul>



<p><strong>b. Des conditions inégales face aux problématiques de garde d’enfants</strong></p>



<p>Une des raisons majeures pour lesquelles il est souvent plus intéressant pour une mère de quitter son emploi pour garder son enfant est liée au coût des modes de garde, que le Complément de Mode de Garde ne suffit pas à couvrir. Par ailleurs l’insuffisance des solutions de gardes apportées par l’institution ne permet pas aux parents isolés de préserver leur emploi. Pour une politique de l’emploi qui tienne compte du statut de parent isolé, il faut&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Offrir des avantages salariaux pour les employés municipaux en situation de monoparentalité pour l’accès aux places en crèche municipale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prioriser la monoparentalité dans les critères d’attribution aux places en crèche.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Proposer des horaires d’accueil de crèche et de centre de loisir flexibles pour les centres de loisir afin de permettre aux parents isolés de concilier vie professionnelle et familiale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Créer des espaces d’accueil temporaires à destination des familles monoparentales de type LAEP co-financés par la CAF pour permettre de se rendre à un RDV professionnel ou médical.</li>
</ul>



<p><strong>c. Inflation sur les frais de garde</strong></p>



<p>Les frais de garde ont subi une inflation importante.<a href="#_ftn6" id="_ftnref6"><sup>[6]</sup></a> La garde d’enfant est également source d’inégalité entre une famille en couple et une famille monoparentale puisqu’aucun relais ne permet à un parent isolé d’équilibrer et de concilier charge professionnelle et charge parentale. Les commissions d’attribution se basent la plupart du temps sur un Quotient Familial qui, au même titre que celui retenu par la CAF pour le CMG ou l’attribution des bons VACAF, est calculé sur la base du référentiel n-2, et non pas du revenu actuel du foyer<a href="#_ftn7" id="_ftnref7"><sup>[7]</sup></a>. Or en cas de séparation, le revenu du foyer chute de 28%. Afin de prévenir une précarisation à marche forcée, les préconisations sont les suivantes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le calcul du coefficient familial doit prendre en compte la situation n-0 en temps réelle et non la situation antérieure n-2 comme cela a été mis en place à Montreuil.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les municipalités doivent tenir compte du statut de parent isolé dans la facturation des prestations à l’enfance – cantine, périscolaire par soucis d’équité par rapport aux couples non mariés qui, en dépit du fait qu’ils ont deux revenus, ne présentent qu’une seule fiche d’imposition pour le calcul du montant des prestations à l’enfance.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Accorder une demi-part en plus aux familles monoparentales qui ne disposent que d’un seul revenu dans le calcul des prestations petite enfance et jeunesse.</li>
</ul>



<p><strong>d. Politiques RH des municipalités</strong></p>



<p>Les municipalités se doivent de donner l’exemple et de permettre une certaine flexibilité quant aux horaires de travail notamment afin qu’ils puissent permettre aux parents isolés de concilier vie professionnelle et familiale. Elles doivent aussi accompagner le retour à l’emploi des mères isolées.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Former tous les RH aux spécificités de la monoparentalité.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ouvrir des maisons de l’emploi et créer 2 postes de référents monoparentalité à l’image du dispositif maison de l’emploi mis en place à Grenoble.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Créer un parcours municipal d’accompagnement pour le retour à l’emploi en lien avec les CCAS et en partenariat avec France Travail.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre un forum café des entrepreneurs annuel à l’image du dispositif mis en place à Ris Orangis afin de travailler en collaboration avec les entreprises locales et favoriser le ré-emploi des mères isolées.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Sensibiliser les entreprises locales à l’occasion du café des entrepreneurs annuel aux contraintes inhérentes au statut de parent isolé afin que soient offerts à l’échelle de la commune des conditions de travail plus flexibles.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place un PLIE (Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi) à l’image de celui de Poitiers qui accompagnerait la réinsertion professionnelle des mères isolées en priorité.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Permettre à l’échelle des politiques RH de la ville des horaires de travail flexibles adaptés aux horaires d’entrée et de sortie d’école et planifier les réunions en journée et non en soirée.</li>



<li>Permettre pour les employés municipaux parents isolés l’accès à des temps partiels temporaires si nécessaire afin de concilier temps de garde des enfants et horaires de travail.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Faciliter les mobilités internes et / ou changement de poste et de service afin de répondre à des changements de situation familiale sans nécessité de démission.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Doubler les jours de congé enfant malade pour les employés municipaux en situation de monoparentalité pour compenser l’absence d’un deuxième parent dans la prise en charge de l’enfant malade.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Permettre aux parents isolés de se présenter au travail avec leurs enfants les jours de grève ou de canicule notamment comme c’est le cas sur la municipalité de Montreuil.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Offrir à tout.e employé.e municipal.e un parcours d’accompagnement à l’image du dispositif gouvernemental nouveau départ dans le cas de situations familiales difficiles (séparations, violences intra-familiales) en proposant écoute, soutien des CCAS municipaux et appui juridique en interne.</li>
</ul>



<p><strong>2. LUTTER CONTRE LE MAL-LOGEMENT</strong></p>



<p><strong>a.</strong> <strong>Le mal-logement : la clef de voute du foyer monoparental</strong></p>



<ol style="list-style-type:lower-alpha" class="wp-block-list"></ol>



<p>Les familles monoparentales sont surreprésentées dans les hébergements d’urgence, et 21% d’entre elles sont touchées par le mal-logement. 39% d’entre elles sont locataires d’un logement du secteur social (parc d’Habitation à Loyer Modéré ou autres) ou soumis à la loi de 1948, contre respectivement 14% des familles traditionnelles. Les familles monoparentales sont également surreprésentées parmi les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville.</p>



<p>Selon une enquête du Défenseur des droits sur l’accès aux droits, une famille monoparentale est en outre deux fois plus exposée à la discrimination dans la recherche d’un logement qu’une famille biparentale<a href="#_ftn8" id="_ftnref8"><sup>[8]</sup></a>. Si on estime qu’il faut un revenu minimum décent de 3744€ pour un couple avec 2 enfants afin que chaque enfant puisse disposer de sa chambre. Les familles monoparentales sont, quant à elles, condamnées au mal logement. A titre d’exemple, 1/3 des mères isolées en Seine-Saint-Denis occupent avec leurs enfants un logement trop petit pour répondre aux besoins de la famille.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Il semblerait donc souhaitable que le statut de famille monoparentale soit pris en compte dans les critères d’attribution des logements sociaux.</li>
</ul>



<p><strong>b. Inflation du budget logement&nbsp;: un budget impossible pour les familles monoparentales</strong></p>



<p>A noter également comme facteur aggravant le fait que le poste budgétaire logement a littéralement explosé avec l’inflation. Ce poste représente entre 24% et 40% des dépenses selon la configuration des foyers, il peut très vite s’avérer devenir un gouffre financier pour une mère isolée.&nbsp;Selon le rapport de l’ONPES de 2015, le revenu minimum de vie décent pour les familles monoparentales varie également selon qu’elles occupent un logement social ou un logement dans le privé. Il est estimé à 2595€ pour une famille monoparentale de 2 enfants vivant dans un logement social et 2437€ pour des familles occupant un logement dans le privé.</p>



<p>Nombre de familles monoparentales n’ont pas accès à la propriété, ne peuvent pas épargner, ni capitaliser. La hausse du coût de l’énergie chiffrée selon le rapport de l’IRES<a href="#_ftn9" id="_ftnref9"><sup>[9]</sup></a> de 2022 à + 41.9% a fait exploser le coût des dépenses logement. A cela il faut rajouter une hausse de 17.7% des charges d’assurances et une hausse de 14% des charges d’immeuble. Cela impacte de façon dramatique le coût de la vie pour des familles monoparentales. Cela impactera sur le long terme également leurs conditions de vie à la retraite, car se loger couvrira la quasi intégralité de leurs dépenses. Cette étude qui met en regard les chiffres de l’ONPES établis en 2014 et ceux de 2022 pose l’inflation comme étant le noyau nucléaire de nombre de problématiques rencontrées par les français qui ne parviennent de fait plus à se loger décemment. Il est donc impératif de prendre en compte la monoparentalité dans les conditions d’attribution des logements sociaux et de préempter des quotas à l’échelle de chaque ville proportionnels aux besoins locaux. Il est pareillement souhaitable de pouvoir permettre l’accession à la propriété des parents isolés via l’attribution de prêts à taux zéro.</p>



<p>La crise a eu pour effet de précipiter nombre de familles monoparentales sous le seuil de pauvreté comme le démontre l’étude de l’IRES de 2022 et elle pointe du doigt en conclusion les familles monoparentales et les retraités comme étant les plus à risque.&nbsp;</p>



<p>Pour les mères isolées, la noyade est inévitablement annoncée au vu des problématiques précitées. Les mères isolées s’en trouvent doublement condamnées.&nbsp;Il s’agit là de l’héritage d’une vie active saccadée, voire saccagée par la monoparentalité, de carrières professionnelles systématiquement amputées, interrompues, voire arrêtées définitivement. La réforme des retraites qui repousse à 43 annuités le départ à la retraite à taux plein aggrave la situation pour les mères isolées qui pourront difficilement prétendre à des retraites à taux plein, même en travaillant jusqu’à 67 ans.</p>



<p>En effet, pour une mère isolée retraitée seule, l’IRES chiffre à 1836€ le revenu minimum décent. Combien de femmes passeront en dessous de ce seuil fatidique au terme de carrières professionnelles tronquées. Combien auront-eu accès à la propriété au terme de leur vie&nbsp;? Combien seront condamnées au mal-logement ou n’auront plus accès au logement&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Il semblerait impératif que les parents isolés puissent bénéficier d’une majoration des prêts à taux zéro dans le cadre de politiques partenariales de la ville engagées avec les établissements bancaires afin de permettre aux familles monoparentales d’acquérir plus facilement un logement.</li>
</ul>



<p><strong>c. Des politiques de gentrification qui empêchent l’accès au logement des familles monoparentales</strong></p>



<p>Sur les grandes métropoles, les problématiques de mal-logement liées à la précarité de revenu des familles monoparentales explosent. Les lois ELAN et SRU imposent désormais à chaque commune de plus de 3500 habitants et aux intercommunalités de plus de 50000 habitants de disposer de 25% de logement sociaux. Dans certaines villes en pleine gentrification telles que Saint-Denis, la tendance s’inverse, avec une diminution drastique du quota de logements sociaux, alors même que les problématiques liées à la précarité à l’échelle du territoire de Seine-Saint-Denis vont croissantes. A Saint-Denis, la ville ne dispose plus désormais que de 33% de logements sociaux. Ces quotas sont certes supérieurs à l’obligation légale, mais vont décroissants et ne tiennent pas compte des plus grands besoins locaux. Les logiques de gentrification des centres-villes laissent pour compte une grande partie de la population condamnée à une plus grande précarité. 25% des familles monoparentales sont des familles à revenus modestes et dans 55% des cas ces familles sont pauvres. Elles n’ont plus les moyens de se loger décemment dans les grandes métropoles.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Garantir des quotas de logements sociaux en adéquation avec les besoins de la population.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prendre en compte pour toute demande de logement la situation financière à n-0 et non n-2 en prenant en compte la perte de revenu post-séparation.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Préempter des logements à destination du parc social.</li>
</ul>



<p><strong>d. Accès à la propriété des familles monoparentales</strong></p>



<p>Les familles monoparentales sont beaucoup moins souvent propriétaires de leur logement que les couples avec enfants : 12% sont propriétaires non-accédants et 20% sont accédants à la propriété, contre respectivement 21% et 48% des familles traditionnelles. Elles sont en revanche surreprésentées dans les QPV. Il conviendrait donc de lever les freins d’accès à la propriété afin de rééquilibrer la mixité des publics centre-urbains.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler en lien avec les banques pour mettre en place à destination des familles monoparentales des micro-crédit solidaires financés pour partie par la municipalité.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Se faire le relai des acteurs militants auprès des pouvoirs publics pour la mise en place de prêts à taux zéro à destination des familles monoparentales afin de leur permettre d’accéder à la propriété.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Développer des projets de logements accessibles aux familles monoparentales en bail réel solidaire à l’image des projets logement portés par la ville de Ris Orangis ou du projet CAPS qui s’est monté à Saint-Denis.</li>
</ul>



<p><strong>d. Lutter contre le mal-logement et permettre l’accès aux logements sociaux</strong></p>



<p>Il s’agit de donner la priorité aux parents isolés dans l’accès aux logements sociaux, l’offre dans le privé leur étant le plus souvent inaccessible. Il s’agit donc de préempter à l’échelle de chaque ville un quota de logements à destination des familles monoparentales pour leur éviter des situations de surendettement.</p>



<p>Des quotas de logements sociaux à destination des femmes fuyant des situations de violence doivent être mis en place en regard des besoins à l’échelle des villes. « Selon le code de la construction et du logement, les personnes rencontrant des difficultés particulières de logement pour des raisons d’ordre financier ou tenant à leurs conditions d’existences », doivent prioritairement bénéficier d’un logement social. 40% des familles monoparentales vivant en dessous du seuil de pauvreté, ces foyers précaires à minima doivent impérativement pouvoir bénéficier de logements sociaux et les autres foyers monoparentaux subissant une discrimination du fait de leur unique revenu, doivent y avoir un accès prioritaire.</p>



<p>Il y’a à titre d’exemple pour la ville de Saint-Denis plus de 5000 demandes de logement auprès du bailleur PCH et malgré les commissions d’attribution hebdomadaires, nombre de familles ne parviennent pas à se loger décemment, trop peu de demandes satisfaites. Les chiffres révèlent donc le besoin de repenser les politiques d’ENRU à la lumière des besoins locaux et non pour satisfaire des logiques de gentrification.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prioriser l’accès aux logements sociaux pour les familles monoparentales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prévoir un quota de logements adaptés aux familles monoparentales en situation de handicap en lien avec les bailleurs publics et privés.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler avec les bailleurs privés à la mise en place d’une offre de logements en co-living accessibles aux familles monoparentales ayant des revenus modestes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler en lien avec les bailleurs sociaux afin de pouvoir proposer des typologies de logement adaptés aux familles monoparentales (logements de type F3 pour un parent isolé avec 1 enfant et F4 pour un parent isolé avec 2 enfants).</li>
</ul>



<p><strong>e. Développer l’offre d’hébergement d’urgence</strong></p>



<p>Les familles monoparentales sont sur-représentées dans les hébergements d’urgence&nbsp;: parc locatif trop cher dans le privé qui conduit à des situations de surendettement des familles monoparentales qui assume avec un seul revenu la charge du loyer, pas de place dans les logements sociaux, relogement d’urgence suite à situations de violence. Les situations sont multiples.</p>



<p>Il semble dans un premier temps prioritaire de réviser à la hauteur des besoins du territoire les politiques liées à l’hébergement d’urgence. A titre d’exemple il n’existe en Seine-Saint-Denis que 8 centres d’accueil mère-enfant, dont 2 sur le territoire de Plaine Commune, sur 165 centres à l’échelle nationale (autant qu’en Creuse où les besoins sont nettement moindres). On compte 39 pouponnières à caractère social sur toute la France, mais aucune en Seine-Saint-Denis, 30 villages d’enfants, mais aucun en Seine-Saint-Denis, ou encore seulement 6 maisons d’enfant à caractère social sur 1327 en France. Notre département crie le manque de moyens humains, structurels pour répondre à une précarité grandissante et à l’urgence de la question du logement. Il s’agit notamment de permettre aux femmes fuyant des situations de violence avec leurs enfants d’être relogées systématiquement et prioritairement à toute autre situation et ce en leur donnant l’accès à un logement pérenne. Les quotas dédiés au relogement des femmes fuyant des situations de violence doivent être révisés à la hauteur des besoins. On pourrait imaginer préempter un quota de logements sociaux à destination des foyers monoparentaux.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler avec les bailleurs sociaux et les bailleurs privés afin de permettre le relogement immédiat de femmes et d’enfants fuyant des violences intra-familiales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Préempter des logements municipaux afin de mettre en place des foyers d’accueil d’urgence municipaux en non-mixité à destination des mères isolées et de leurs enfants fuyant des situations de violences intra-familiales en relai du 115 pour de l’hébergement d’urgence.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Équiper les centres d’hébergements d’urgence d’espaces halte-garderie solidaires, afin de permettre aux parents de faire les démarches de relogement nécessaires.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prévoir dans les foyers d’accueil d’urgence municipaux des espaces d’accueil de jour pour parents et enfants afin de ne pas les condamner à errer dans l’espace public.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prévoir en lien avec le maillage associatif local des permanences d’accès aux droits au sein de ces foyers d’accueil afin de garantir une prise en charge des familles hébergées.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler en lien avec le maillage associatif local pour permettre une prise en charge immédiate des situations d’urgence en vue d’un relogement pérenne rapide.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Développer en lien avec les services publics le maillage d’offre d’hébergement d’urgence en Seine-Saint-Denis, en adéquation avec les besoins locaux.</li>
</ul>



<p><strong>3. FACILITER L&rsquo;ACCES A LA SANTE DES FAMILLES MONOPARENTALES</strong></p>



<p><strong>a. Etat des lieux de la santé des familles monoparentales</strong></p>



<p>En conséquence des budgets insuffisants, l’étude de l’ONPES établit donc que les familles monoparentales sont le plus à risque de pauvreté. 40.5% des enfants de ces familles grandissent en dessous du seuil de pauvreté en 2021. Ces familles sont sinistrées si l’on considère notamment les questions d’accès à la santé.</p>



<p>Le cumul de toutes ces difficultés favorise l’épuisement physique et mental. Plusieurs études menées à l’échelle internationale montrent que le stress dû aux contraintes inhérentes à la monoparentalité augmente considérablement le risque de maladies cardio-vasculaires, de pathologies chroniques, de troubles de la santé mentale et parfois même de décès prématurés&#8230; Dans ce nouveau modèle familial, le parent isolé doit être présent sur tous les fronts : éducation des enfants, vie professionnelle, difficultés du quotidien. Une accumulation de rôles qui fragilise psychologiquement et physiquement les femmes pour toute leur vie, révèle une étude américaine publiée dans le <em>Journal of Epidemiology &amp; Community Health<a href="#_ftn10" id="_ftnref10"><sup><strong><sup>[10]</sup></strong></sup></a></em>.</p>



<p>Les problématiques de santé sont préoccupantes. Selon la dernière étude du 9 janvier 2024 publiée par Santé Publique France, les enfants vivant sous le seuil de pauvreté sont 3 fois plus souvent hospitalisés pour des problèmes psychiatriques. Selon l’étude de la DREES de 2023 sur le 100% santé, les disparités entre les bénéficiaires de contrats collectifs ou de contrats mutuelle individuelles sont nombreuses, notamment relativement aux inégalités de prise en charge (49% des contrats collectifs permettent à leurs bénéficiaires d’étendre gratuitement la couverture sociale à leurs enfants, contre seulement 2% des contrats individuels). De plus les niveaux de couverture en implantologie et orthodontie baissent. Des budgets déjà précarisés n’auront pas accès à ce type de soins. Certains soins et types de suivis liés aux troubles neuropsychologiques notamment (troubles du spectre autistique par exemple), ne sont pas du tout pris en charge. Les structures d’accompagnement social de type CMP, SESSAD étant saturées faute de moyens budgétaires en suffisante, trop nombreuses sont les familles livrées à elles-mêmes et ne pouvant avoir accès à des soins dans le privé.</p>



<p>C’est une véritable injustice médicale. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de tarif spécifique garantissant aux parents isolés les moyens d’avoir une couverture mutuelle leur permettant de se soigner correctement en cas de maladie et de faire soigner leur.s enfant.s.</p>



<p>Par ailleurs, il n’existe aucun dispositif spécifique pour accompagner les parents isolés se trouvant provisoirement ou durablement malades ou en situation de handicap et n’étant plus en capacité de s’occuper au quotidien de leur.s enfant.s. Les modalités de recours auprès des mutuelles ou de l’Assurance Maladie pour l’obtention d’une aide solidaire sont ubuesques et poussent au non-recours. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de tarif spécifique garantissant aux parents isolés les moyens d’avoir une couverture mutuelle leur permettant de se soigner correctement en cas de maladie. Il paraîtrait donc indispensable que les parents isolés puissent bénéficier de tarifs préférentiels s’agissant des couvertures mutuelles et d’une aide gratuite en cas de maladie, de handicap ou de soins réguliers dus à une Affection Longue Durée. A l’échelle de la ville il faudrait&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place une mutuelle municipale comme à Poitiers qui offrirait des tarifs préférentiels à destination des familles monoparentales et permettrait la prise en charge systématique de soins médicaux spécialisés (orthodontie&#8230;).</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Imposer dans les centres de santé de la ville la prise en charge au tiers payant afin que l’avance de frais ne soit plus un obstacle à l’accès à la santé.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place en partenariat avec les associations locales des dispositifs de suivi psychologique temporaire à destination des familles monoparentales plus souvent exposées aux troubles de la santé mentale à l’image du dispositif Ecoutille mis en place à Poitiers ou les Pâtes au beurre.</li>
</ul>



<p><strong>b. Familles monoparentales accompagnant des enfants malades ou des enfants en situation de handicap</strong></p>



<p>Dans 33% des cas, quand il y’a une situation de handicap, les foyers sont des foyers monoparentaux. Le handicap est une question genrée car dans 9 cas sur 10, c’est la mère qui s’occupe de l’enfant.</p>



<p>A l’heure actuelle, un parent isolé n’a pas systématiquement droit à des jours de congé enfant malade en cas de maladie par exemple. Et quand il y a droit, il ne peut pas prétendre au doublement de « jours de congés pour enfant malade » pour compenser l’absence du deuxième parent.</p>



<p>Encore plus compliqué, la question de la prise en compte du handicap d’un parent isolé ou d’un enfant, angle mort des politiques de santé qui rend la vie de certains foyers monoparentaux invivable. Une mère ne peut pas cumuler le complément 5 de la MDPH à l’aide journalière de l’AJPP dans le cas où elle doit assurer le suivi journalier de son enfant. Or il semble injuste de ne pas pouvoir percevoir le complément 5 de la MDPH qui doit permettre la prise en charge du suivi spécialisé de l’enfant non pris en charge par la sécurité sociale (suivi neuropsychologique, psychomoteur…).</p>



<p>Les mères isolées se voient d’emblée contraintes d’abandonner leur activité professionnelle. Le foyer se retrouve alors privé d’un salaire avec pour seule prestation sociale compensatoire l’AEEH qui ne peut être cumulée avec l’AJPP et ne permet de compenser pour le foyer ce manque à gagner d’un salaire. Par ailleurs l’allocation compensatoire de l’AEEH qui peut être délivrée aux mères isolées pour recrutement d’une tierse personne intervenant pour des soins auprès de l’enfant est délivrée par la MDPH sous condition de jugement. Cette condition suspensive laisse pour compte quantité non négligeable de mères isolées n’ayant pas eu recours à la JAF. Quel relai prioritaire pour une mère isolée accompagnant un enfant souffrant de handicap&nbsp;?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les villes doivent prioriser en collaboration avec les services publique la question de l’accès aux soins et au suivi de ces mères et enfants fragilisés. En l’état les structures de type SESSAD, CMP, CMPP sont saturées.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Donner la priorité aux familles monoparentales dans les centres de santé municipaux afin de permettre aux parents isolés et leurs enfants de se soigner.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Former les professionnels de santé de la ville à la question du handicap afin de pouvoir mieux accompagner les patients pour des soins de type soin dentaire…</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place une permanence MDPH en mairie ouverte aux horaires de mairie sur toute la semaine avec un accompagnement spécifique dans les démarches pour les familles monoparentales en lien avec le CCAS.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place un service d’AESH municipales qui assureraient le suivi des enfants en situation de handicap sur la pause méridienne qui n’est plus prise en charge par les AESH de l’éducation nationale et prioriser le suivi des enfants de foyers monoparentaux, afin de permettre au parent isolé d’assurer son activité professionnelle sans interruption sur la pause méridienne.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ces AESH municipales pourraient venir en renfort des AESH mutualisées de l’éducation nationale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Former les personnels municipaux des centres de loisirs au handicap visible ou invisible afin de pouvoir assurer une prise en charge des enfants en situation de handicap et offrir aux parents isolés de travailler ou d’avoir un temps de répit.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place un réseau de transport local dédié aux familles en situation de handicap.</li>
</ul>



<p><strong>4. FACILITER L&rsquo;ACCES A UNE VIE SOCIALE ET LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES</strong></p>



<p><strong>a. Des violences invisibilisées et non accompagnées</strong></p>



<p>80% des femmes victimes de violences conjugales sont des mères, comme l’a révélé une étude menée par le ministère de l’intérieur en 2018 sur les morts violentes au sein du couple<a href="#_ftn11" id="_ftnref11"><sup>[11]</sup></a>.</p>



<p>Lorsqu’on aborde le sujet des violences conjugales, la question qui revient souvent est la suivante : pourquoi les femmes ne vont pas porter plainte, pourquoi restent-elles avec un conjoint violent, pourquoi ne partent-elles pas au premier signe alarmant…? La réponse reste complexe, mais sans doute une partie du problème vient du fait que la plupart du temps, une femme n’a tout simplement pas les moyens socio-économiques de partir du jour au lendemain avec son ou ses enfants sous le bras, de peur de se retrouver à la rue et sans ressources pour élever ses enfants.</p>



<p>Par ailleurs, la gestion des plaintes est problématique au vu du nombre de plaintes classées sans suite. Il a été prouvé que seul 8% des plaintes aboutiront à une condamnation selon l’étude menée par Céline Pîques<a href="#_ftn12" id="_ftnref12"><sup>[12]</sup></a>. Comment obtenir gain de cause en matière de violences conjugales et de justice aux affaires familiales quand le délai d’attente moyen pour obtenir une audience est de six mois à un an&nbsp;? Les frais d’avocat sont faramineux &#8211; environ 2000 à 3000 euros pour une procédure &#8211; et peuvent atteindre des dizaines de milliers d&rsquo;euros selon la complexité du dossier et l’intersection entre le pénal et le civil. Les dispositifs d’aides sont largement insuffisants : à l’heure actuelle, ne peut prétendre à l’aide juridictionnelle complète qu’une personne dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 11 262 euros, autrement dit dont le revenu mensuel est inférieur à 1000 euros. La durée moyenne d’une audience est de 15 minutes, les juges ayant chacun en moyenne 500 dossiers voir plus.&nbsp;Il faut&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place en liaison avec le commissariat un protocole d’accueil spécifique à destination des femmes victimes de violences, à l’image du protocole mis en place à Montreuil à l’initiative de la Collective des Mères Isolées.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Favoriser la mise en place d’un réseau local qui permette réorientation après dépôt de plainte vers des services municipaux d’accompagnement juridique.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li> Pour le dépôt de plainte, un dispositif pilote de tiers lieu avait été mis en place à l’échelle nationale permettant à toute personne victime de violence de porter plainte depuis n’importe quel tiers-lieu associatif. Il devrait être officialisé etdécliné à l’échelle locale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Identifier clairement les dispositifs relais ou d’accompagnement dans le cadre d’une campagne de la ville contre les violences faîtes aux femmes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Donner plus de moyens aux structures relais, notamment aux associations proposant de l’accès aux droits.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Permettre une plus grande capacité d’accueil de la Maison des Femmes amenée à éconduire nombre de demandes d’urgence pour cause de saturation de demandes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place des permanences juridiques dans toutes les maisons de quartier afin d’accompagner toute démarche juridique liée aux violences faîtes aux femmes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les personnels de la ville des écoles, des centres de loisirs, des maisons de quartier, des antennes jeunesses, des ludothèques doivent être formés aux VSS et doivent pouvoir signaler.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Des temps hebdomadaires spécifiques de type café des parents dédié à l’accès aux droits peuvent être imaginés en Mairie à l’image de ce qui a été imaginé par la Ville de Ris Orangis.</li>
</ul>



<p><strong>b. Réformer la justice aux affaires familiales et accompagner les parents isolés</strong></p>



<p>À l’heure où s’est tenu, en 2019, un Grenelle des violences conjugales, et où le ministre de la justice actuel, M.Dupond-Moretti, prétend faire de la lutte contre les violences conjugales une priorité dans sa réforme de la justice, il semblerait relever du bon sens de commencer par prendre les mesures nécessaires pour donner aux mères et aux enfants victimes de violences conjugales les moyens de partir, de se défaire de l’emprise du conjoint violent, et d’envisager la vie de famille monoparentale comme un mode de vie décent, et non comme une chute inévitable dans la précarité. La question féministe est, avant tout, une question sociale. Il ne sert à rien de parler d’émancipation des femmes, de lutter pour les droits des femmes, et de combattre les violences conjugales et intrafamiliales si l’on ne donne pas pour commencer aux femmes les moyens économiques d’assurer leur protection et leur indépendance, et celle de leurs enfants.</p>



<p>Les chiffres publiés par le Haut Conseil à l’Egalité le 9 juin 2021 montrent qu’alors que 398 310 enfants ont été témoins ou co-victimes de violences conjugales en 2020, seuls 58 agresseurs se sont vus retirer leur autorité parentale.</p>



<p>Il existe un cloisonnement entre la justice pénale et la justice civile, et persiste dans les pratiques judiciaires l’idée qu’il faut séparer le conjugal du parental, et qu’un conjoint violent peut être un bon père. Par principe, l’autorité parentale conjointe doit être maintenue, même dans les cas les plus graves (viol de l’enfant, viol conjugal, féminicide). &nbsp;</p>



<p>Les articles de loi sur l’autorité parentale conjointe posent des problèmes de fond qui ont des répercussions directes sur la santé et la sécurité des enfants et de leur mère. En effet, le Code civil fait passer avant toute autre définition de « l’intérêt de l’enfant » l’intérêt à conserver un lien avec ses deux parents légaux, sans réellement questionner la teneur et la qualité de ce lien et en dépit de faits avérés de violence (physique ou psychologique), de négligence, d’absence du père et/ou d’opposition de l’enfant. Dans le cadre des procédures, l’enfant n’est d’ailleurs majoritairement pas écouté. Il ne l’est que de façon aléatoire, en fonction d’un âge qui varie selon les juridictions. Plus une famille dionysienne ne devrait souffrir de violences juridiques dans l’indifférence des pouvoirs locaux.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>A l’image du dispositif national « nouveau départ » doit être pensé un dispositif municipal nouveau départ.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le service Petite Enfance doit développer un pôle spécifique d’accueil des familles monoparentales afin de permettre leur réorientation vers les services d’accompagnement compétents en matière de justice aux affaires familiales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La service égalité femmes – hommes de la ville pourrait se doter d’un pool d’avocats engagés qui permette d’accompagner systématiquement les familles en détresse juridique.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Il appartient également à la ville de faire entendre sa voix en matière de lutte pour une réforme de la justice aux affaires familiales par des engagements forts à la faveur de l’écoute des mères et des enfants.</li>
</ul>



<p><strong>5. FACILITER L&rsquo;ACCES A LA REUSSITE EDUCATIVE, A LA CULTURE ET AUX LOISIRS</strong></p>



<p><strong>a.&nbsp; Un risque de désaffiliation sociale et d’échec scolaire pour les enfants issus de foyers familles monoparentaux</strong></p>



<p>Les familles monoparentales sont plus souvent en situation de privation matérielle et sociale, au sens où elles sont concernées par au moins cinq privations parmi une liste de treize relatives à l’alimentation, l’habillement, le logement, les loisirs ou la vie sociale. 29,2 % sont dans cette situation, contre 13 % pour l’ensemble de la population en 2019<a href="#_ftn13" id="_ftnref13"><sup>[13]</sup></a>. L’accumulation des difficultés et des inégalités – économiques, socio-professionnelles, juridiques, médicales&#8230;– ajoutée à la charge mentale quotidienne induit un fort risque de marginalisation et de désaffiliation sociale chez les mères isolées, avec des conséquences directes sur l’éducation de leurs enfants.</p>



<p>Cela met aussi en péril la réussite éducative des enfants. Il est prouvé que les enfants issus de familles monoparentales réussissent moins bien que les enfants issus de familles traditionnelles. Seuls 42% des enfants issus de familles monoparentales atteindront le bac sans redoubler contre 62% des enfants issus de familles bi-parentales. L’impact de l’IPS est majeur. 55% des familles monoparentales étant pauvres, la précarité a une réelle incidence sur la réussite éducative et la possibilité de poursuites d’études.</p>



<p>Le coût de dépense moyen annuel pour 1 enfant est évalué à 9000€, (7500€ pour un enfant de moins de 14 ans et 12500€ pour un enfant de 15 à 20 ans), ce qui représente un coût total de 180000€ pour un enfant de 0 à 20 ans.<a href="#_ftn14" id="_ftnref14"><sup>[14]</sup></a> Ce coût dans le cas des familles monoparentales repose principalement sur le seul parent gardien. Il est compliqué pour une famille monoparentale d’envisager financer des poursuites d’étude.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Déployer des dispositifs d’aide aux devoirs municipaux adaptés dans les établissements scolaires à destination des élèves à besoins éducatifs particuliers.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les dispositifs d’aide aux devoirs doivent être encadrés par des professionnels afin que les élèves bénéficient d’un encadrement de qualité qui vise leur réussite éducative.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place un service municipal de recherche de stage qui privilégie l’accompagnement des enfants issus de foyers monoparentaux.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Réserver un quota de contrats de travail de la ville à destination des jeunes issus de foyers monoparentaux (emplois en service civiques, jobs d’été…) en partenariat avec les missions locales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Offrir le BAFA aux enfants issus de foyers monoparentaux.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Négocier avec les banques implantées localement des prêts à taux zéro à destination des étudiants issus de foyers monoparentaux pour financer leurs études.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Négocier auprès des régions des aides au financement du permis de conduire à destination des familles monoparentales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Positionner le curseur seuil d’accès aux aides municipales sur le revenu minimum décent et non le seuil de pauvreté.</li>
</ul>



<p><strong>b. Un budget culture et loisir amputé qui pèse trop lourd sur le budget famille</strong></p>



<p>Si près d’un million de parents touchent aujourd’hui une Contribution financière à l’Entretien et l’Éducation de l’Enfant (improprement appelée « pension alimentaire »), dans 40% des cas elle demeure impayée. Le montant moyen de cette contribution est de 180 euros mensuels par enfant, ce qui est par ailleurs largement insuffisant au regard de ce que coûte l’entretien d’un enfant et ce qui ne permet pas non plus de répondre à ses besoins en termes d’accès aux loisirs.</p>



<p>En effet, la hausse des prix constante des tarifs des activités de loisir creuse un hiatus entre les familles dites traditionnelles bénéficiant de 2 revenus et les familles monoparentales bénéficiant d’un revenu unique. On note une hausse de la part du budget loisir dans le budget familial de 26.9% à 30.4% du fait de l’augmentation des coûts.<a href="#_ftn15" id="_ftnref15"><sup>[15]</sup></a> Bien souvent la case loisir du budget des mères isolées est amputée, lorsqu’elle n’est pas inexistante.</p>



<p>À cela s’ajoute l’augmentation du coût des transports, la hausse du coût d’usage et d’entretien d’une voiture étant estimée à 17,7% en 2022 selon les chiffres de l’IRES. Si l’on ajoute à cela la hausse de 38,5% du prix du carburant, on se doute que nombre de parents isolés dépendent des transports en commun et du réseau SNCF pour leurs déplacements, lesquels n’intègrent pas dans leur politique tarifaire les familles monoparentales, au même titre que le sont les familles nombreuses. Les mères isolées sont donc condamnées aux transports en commun et bien souvent, elles ont recours à la solidarité transport (les chiffres sont inexistants, mais les trop nombreux témoignages recueillis par la Collective des Mères Isolées en interne en attestent).</p>



<p>Il est donc urgent de&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place des réseaux de lignes de bus, tramways en suffisance afin de ne pas pénaliser les familles monoparentales qui dépendent des transports en commun pour se rendre en centre-ville ou bien sur tout autre lieu.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place la gratuité dans les transports à destination des familles monoparentales sur présentation de la carte municipale de famille monoparentale.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mettre en place une carte municipale famille monoparentale du type de la carte Joker de Poitiers qui donne des réductions pour l’accès aux activités culturelles de la ville selon le quotient familial.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler l’offre d’activités culturelles familles parents / enfants pour élargir l’offre à destination des familles monoparentales en lien avec les acteurs associatifs locaux (activités accessibles avec enfants ou garde d’enfants).</li>
</ul>



<p><strong>c. Mettre en place des tarifs et une offre petite enfance municipale et jeunesse préférentielle pour les familles monoparentales</strong></p>



<p>En effet, à l’heure actuelle, le statut de parent isolé n’est jamais pris en compte dans le tarif d’accès aux activités culturelles et de loisirs, ce qui en rend l’accès quasi-systématiquement impossible aux foyers monoparentaux dont le budget loisir est de fait amputé par une situation économique précaire. Or de même qu’il existe en France depuis 1921 une « carte famille nombreuse » donnant droit à des réductions aux familles de 3 enfants ou plus, il semblerait équitable qu’il existe un statut spécifique donnant droit à des réductions dans le domaine des transports, des loisirs, des pratiques sportives et de la culture aux familles monoparentales.</p>



<p>Enfin, il n’existe aucune directive nationale enjoignant les municipalités à tenir compte de la spécificité de la situation des familles monoparentales dans la facturation des prestations à l’enfance ou le calcul des prestations de loisir, mais le statut municipal de parent isolé doit permettre cette prise en compte afin de&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Proposer un abattement systématique aux familles monoparentales dans le calcul des prestations de loisir comme c’est le cas à Montreuil où a été voté un abattement de 25 à 40% (en fonction du revenu annuel) sur le tarif des services APE (cantine, centre de loisirs, études, séjours scolaires et périscolaires) pour les parents se déclarant isolés sur la base de la case T de leur déclaration de revenus.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Accorder systématiquement une demi-part en plus aux parents isolés dans le calcul des prestations petite enfance et loisirs – comme le fait, par exemple, la ville de Suresnes.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prioriser l’accès aux sorties péri-scolaires pour les enfants issus de foyers monoparentaux afin de compenser la case budget loisir amputée pour les foyers monoparentaux.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Travailler une offre d’activités de loisirs spécifiques incluant activité parent et activité enfant en simultané ou bien garde d’enfant afin que les parents isolés puissent avoir du répit comme cela a été pensé par la ville de Montpellier dans le cadre du plan monoparentalité.</li>
</ul>



<p><strong>d. Maintenir les lieux d’accueil parent-enfant</strong></p>



<p>Les lieux de répit et les lieux de sociabilisation sont essentiels pour les familles monoparentales, afin qu’elles puissent rompre leur situation d’isolement. Il s’agit de de prévenir la désaffiliation sociale en créant des tiers lieux d’accueil et de rencontre&nbsp;: maisons de quartier, ludothèques…</p>



<p>Les maisons des parents doivent être un lieu privilégié afin de créer le lien avec ces familles et les informer des dispositifs existants. Elles doivent être relais pour réorienter sur les questions d’accès aux droits. En aucun cas les familles monoparentales ne peuvent être livrées à elles-mêmes comme cela est le cas à l’heure actuelle. Il faut donc&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Allouer les budgets nécessaires au maintien des maisons de quartier, ludothèques.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Ouvrir des Maisons des Parents avec systématiquement un espace d’accès aux droits dédié aux familles monoparentales.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Créer des dispositifs de répit en lien avec les structures locales ou le tissu associatif.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les maisons de quartier doivent permettre de relayer aux familles monoparentales l’information sur les activités municipales proposées et les tarifs préférentiels qui leur sont accordés.</li>
</ul>



<p><em>© Tout droit d’utilisation et de reproduction réservé à la Collective des Mères Isolées</em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><a href="#_ftnref1" id="_ftn1"><sup>[1]</sup></a> Rapport de la DREES publié par le Ministère de la Santé et des Solidarités, n°62, 2016.</p>



<p><a href="#_ftnref2" id="_ftn2"><sup>[2]</sup></a> Rapport de l’INSEE https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</p>



<p><a href="#_ftnref3" id="_ftn3"><sup>[3]</sup></a> Rapport de la DREES publié par le Ministère de la Santé et des Solidarités, n°62 de 2016.</p>



<p><a href="#_ftnref4" id="_ftn4"><sup>[4]</sup></a> Étude de l’ONPES rapportée par l’IRES, publication 24 de novembre 2022. La dernière étude de l’IRES qui nous livre les chiffres de l’ONPES pour 2022 situe le revenu minimum de vie décent à 3744€ pour 1 couple avec 2 enfants, et à 3003€ pour une famille monoparentale avec 2 enfants</p>



<p><a href="#_ftnref5" id="_ftn5"><sup>[5]</sup></a> Rapport de l’INSEE https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</p>



<p><a href="#_ftnref6" id="_ftn6"><sup>[6]</sup></a> Étude de l’ONPES rapportée par l’IRES, publication 24 de novembre 2022. Selon l’ONPES pour une famille avec un enfant en bas âge et un enfant en primaire elle s’élèverait à +15.6%.</p>



<p><a href="#_ftnref7" id="_ftn7"><sup>[7]</sup></a> Là aussi, il y a une grande disparité territoriale entre les communes ; seules certaines communes – hélas encore très minoritaires – prennent comme revenu de référence pour les prestations à l’enfance non pas le Quotient Familial correspondant à l’année n-2, mais les trois ou six derniers mois (comme le fait déjà la CAF s’agissant du RSA, des APL ou de la Prime d’Activité qui sont calculés sur la base du revenu des trois derniers mois).</p>



<p><a href="#_ftnref8" id="_ftn8"><sup>[8]</sup></a> Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Panorama des familles d’aujourd’hui, 28 septembre 2021, p.71 (https://www.hcfea.fr/IMG/pdf/rapport_-_le_panorama_des_familles_2021.pdf)</p>



<p><a href="#_ftnref9" id="_ftn9"><sup>[9]</sup></a> Étude de l’ONPES rapportée par l’IRES, publication 24 de novembre 2022.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p><a href="#_ftnref10" id="_ftn10"><sup>[10]</sup></a> Source : https://jech.bmj.com/content/69/9/865 </p>



<p><a href="#_ftnref11" id="_ftn11"><sup>[11]</sup></a> Etude du Ministère de l’Intérieur sur les violences conjugales&nbsp;: https://www.vie-publique.fr/rapport/269827-etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-2018</p>



<p><a href="#_ftnref12" id="_ftn12"><sup>[12]</sup></a> «&nbsp;Déviriliser le monde&nbsp;» de Céline Pîques</p>



<p><a href="#_ftnref13" id="_ftn13"><sup>[13]</sup></a> Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Panorama des Familles d’aujourd’hui, 28 septembre 2021, p.80</p>



<p><a href="#_ftnref14" id="_ftn14"><sup>[14]</sup></a> Rapport de la DREES publié par le Ministère de la Santé et des Solidarités, n°62, 2016.</p>



<p><a href="#_ftnref15" id="_ftn15"><sup>[15]</sup></a> Rapport de l’IRES 2022, étude d’un budget type menée par l’UNAF. Les tarifs d’hébergement de vacance par exemple ont augmenté de +33.6% depuis 2014. Les produits culturels ont subi une hausse des prix de +10.5%.</p>
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		<title>Défiscalisation de la pension alimentaire</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/sur-le-front-politique/defiscalisation-de-la-pension-alimentaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélie Gigot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Oct 2025 17:18:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos victoires]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vote ce jour, 25 octobre 2025, de la défiscalisation de la pension alimentaire, à l&#8217;occasion de la présentation du budget 2026 à l&#8217;Assemblée. Il s&#8217;agit là d&#8217;un premier pas en réparation d&#8217;une injustice majeure de la fiscalité française. Mais la route est encore longue pour crier victoire pour les mères isolées. En effet, il s&#8217;agit...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Vote ce jour, 25 octobre 2025, de la défiscalisation de la pension alimentaire, <strong>à l&rsquo;occasion de la présentation du budget 2026 à l&rsquo;Assemblée</strong>. Il s&rsquo;agit là d&rsquo;un premier pas en réparation d&rsquo;une injustice majeure de la fiscalité française. Mais la route est encore longue pour crier victoire pour les mères isolées.</strong></p>



<p>En effet, il s&rsquo;agit d&rsquo;une réelle injustice, car si la pension alimentaire est défiscalisée pour le parent qui la verse non gardien (dans 97% des cas les pères), en contrepartie elle est fiscalisée pour le parent gardien, dans la majorité des cas les mères. La défiscalisation de la pension alimentaire pour le parent qui la perçoit répare donc une injustice majeure car la fiscalisation de la dite pension alimentaire au titre des revenus a pour les mères isolées un effet double peine, la pension alimentaire étant doublement comptabilisée, au titre de ses revenus dans le calcul de l&rsquo;impôt et au titre des ressources dans le calcul de ses aides, une double injustice pour les mères isolées.</p>



<p>Il semble tout d&rsquo;abord important de rappeler que la pension alimentaire n&rsquo;est en rien un revenu pour le parent gardien, mais une contribution à l&rsquo;entretien et à l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant. Il était donc également profondément injuste pour les enfants, à qui revient cette contribution, que l&rsquo;Etat puisse en ponctionner une partie.</p>



<p>Chacun des différents amendements présentés dans le cadre du vote du budget 2026 relativement à la pension alimentaire, quel que soit le bord politique, s&rsquo;accordent sur le fait qu&rsquo;il y avait là une injustice pour les parents receveur et chacun y a vu l&rsquo;intérêt de ne plus faire de cadeau fiscal au parent verseur, car il y&rsquo;a bien là une niche fiscale qui rapportera 450 millions d&rsquo;euros par an, de quoi combler le déficit budgétaire. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;amendement adopté porté par Marie-Charlotte Garin du groupe écologiste, de celui porté par Sarah Legrain, députée LFI, de celui de Philippe Brun, député socialiste, de la proposition d&rsquo;amendement de Céline Thiebault, également socialiste, de celle de Marie Pierre Rixain, députée Renaissance ou encore Sophia Chirikou, députée LFI, tous se rejoignent donc, contre l&rsquo;avis du gouvernmement pour adopter la défiscalisation de la pension alimentaire. Un premier pas vers la victoire que cet accord transpartisan.</p>



<p>Cependant, cette proposition de loi n&rsquo;impactera que de façon mineure les foyers monoparentaux, si on devait s&rsquo;en arrêter là, car ils sont déjà majoritairement non imposable. Il est donc indispensable d&rsquo;ouvrir une brèche sur la question des pensions alimentaires qui dans 40% des cas demeurent impayées. C&rsquo;est bel et bien là que doit se trouver le levier d&rsquo;action afin d&rsquo;enrayer le cycle des violences économiques faites aux mères isolées : d&rsquo;une part la récupération des impayés de pension alimentaire et d&rsquo;autre part un calcul plus équitable de cette pension. </p>



<p>A l&rsquo;heure actuelle la pension moyenne est de 190€ par mois, ce qui est loin de couvrir la moitié du coût moyen des dépenses liées à l&rsquo;entretien et à l&rsquo;éducation de l&rsquo;enfant, établi à 750€ par mois (chiffre sur lequel se base chacune des propositions d&rsquo;amendement présentées). Rajoutons de surcroit que c&rsquo;est d&rsquo;autant plus insuffisant que ce chiffre de 750€ par mois en moyenne, soit 9000€ par an est en dessous de la réalité puisqu&rsquo;il émane d&rsquo;une étude de la DREES de 2016 et que c&rsquo;est donc sans compter l&rsquo;inflation. A titre d&rsquo;exemple, l&rsquo;étude de l&rsquo;IRES de 2022 établit à +41.9% le coût du logement, à +38.5% la hausse du carburant, à +33.6% le coût des hébergements de vacances&#8230; Au bout du compte 21% des familles monoparentales se retrouvent en situation de mal logement, 29% d&rsquo;entres elles sont en situation de privation alimentaire et matérielle et le budget culture et loisir est amputé selon cette même étude. L&rsquo;IRES établit qu&rsquo;il faudrait justifier d&rsquo;un revenu de 3003€ par mois pour une famille monoparentale avec 2 enfants pour prétendre au revenu minimum décent. Nombre de familles monoparentales ont basculé en dessous du revenu minimum décent avec l&rsquo;inflation de ces dernières années et les enfants en payent le prix fort eu égard à l&rsquo;insuffisance des pensions alimentaires.</p>



<p>La DREES dans son rapport de 2016 rappelle qu&rsquo;au delà de 14 ans, le coût moyen d&rsquo;un enfant est de 1041€ par mois (soit 12500€ par an) et en deçà de 12 ans de 625€ par mois (soit 7500€ par an). Y&rsquo;a-t-il donc une erreur de calcul quant au plafond annuel de 4000€ par enfant, ce qui revient à 333€ par mois. Une répartition équitable des dépenses entre parents gardien et non gardien voudrait que chacun d&rsquo;entre eux verse 375€ afin de couvrir les 750€ de coût d&rsquo;entretien de l&rsquo;enfant, soit 4500€ par an. Le plafond prévu est donc insuffisant.</p>



<p>A cela, il faut ajouter une autre précision qui a son importance : avec une pension alimentaire moyenne établie à 190€ au lieu de 375€ par mois, le manque à gagner pèse lourd sur les enfants en terme d&rsquo;égalité des chances car a aucun moment il n&rsquo;est tenu compte des besoins de l&rsquo;enfant dans le calcul de la dite pension. Par ailleurs les magistrats et l&rsquo;aripa ne s&rsquo;accordent pas sur le mode de calcul de la pension alimentaire. Mais dans un cas comme dans l&rsquo;autre, seul les revenus du parent verseur sont pris en compte et non les besoins de l&rsquo;enfant. </p>



<p>La collective des mères isolées rappelle que dans 85% des cas ces foyers monoparentaux sont portés par des mères isolées qui cumulent tous les défis : accès à la santé, au travail et à une vie décente. Dans 40.5% des cas ces enfants grandissent en dessous du seuil de pauvreté et 29% de ces familles sont en situation de privation selon la dernière étude de l&rsquo;IRES de 2022. </p>



<p>La Collective des mères isolées est donc loin de crier victoire sur la question des pensions alimentaires et rappelle l&rsquo;importance des 5 priorités et 16 mesures établies dans sa proposition de loi, lesquelles seraient afférentes à la création d&rsquo;un statut de parent isolé afin de permettre aux mères isolées et leurs enfants de sortir de la précarité. (voir l&rsquo;argumentaire de la proposition de loi portée par la Collective des Mères Isolées <a href="https://blogs.mediapart.fr/collective-des-meres-isolees/blog/110923/proposition-de-loi-pour-la-creation-dun-statut-de-parent-isole">https://blogs.mediapart.fr/collective-des-meres-isolees/blog/110923/proposition-de-loi-pour-la-creation-dun-statut-de-parent-isole</a>)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/proposition_de_loi_blanc-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-879" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/proposition_de_loi_blanc-1-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/proposition_de_loi_blanc-1-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/proposition_de_loi_blanc-1-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/proposition_de_loi_blanc-1-1536x1151.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/proposition_de_loi_blanc-1-2048x1535.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Nous trouvons salutaire que le député Philippe Brun dans sa proposition d&rsquo;amendement rappelle l&rsquo;importance de la création d&rsquo;un statut de parent isolé légalement reconnu, lequel donnerait aussi accès à tout un ensemble de droits afférents en matière d&rsquo;accès à la santé, au travail, à l&rsquo;éducation, à la culture et aux loisirs. </p>



<p>Les propositions votées ce jour, aussi salutaires soient-elles en matière de justice fiscale, gardent encore un goût de tiédeur. Philippe Brun dans son amendement proposait d&rsquo;accorder une demi-part au père dans le calcul du quotient familial, afin dit-il de ne pas trop désavantager le parent verseur (soit le père). Est-il donc acceptable d&rsquo;entendre que la mère et les enfants soient à ce point pénalisés dans le calcul de la dite pension ? Rappelons tout de même que la perte de revenus pour la mère en cas de séparation est de 28% en moyenne et qu&rsquo;elle est largement moindre pour les pères en raison des nombreux avantages dont bénéficient déjà les hommes (en matière d&rsquo;accès au travail et avantages salariaux). La pensions alimentaire ne compense en rien le différentiel de revenu père / mère. Il en va d&rsquo;ailleurs de même dans le couple ou l&rsquo;écart de revenu constaté entre le père et la mère dès la naissance du premier enfant s&rsquo;élève à 28% et se creuse allant jusqu&rsquo;à 165% d&rsquo;écart de revenu au delà de 3 enfants. Mais pareille inégalité semble communément admise, sans même que le conger de naissance n&rsquo;y approrte de réponse satisfaisante qui enjoindrait d&rsquo;avantage les pères à assumer au détriment de leur carrière la charge du congé parental.</p>



<p>La collective des mères isolées rappelle que les mères isolées ne réclament ni avantages, ni privilèges fiscaux, mais des droits équitables et inaliénables pour elles-mêmes et leurs enfants car il s&rsquo;agit là d&rsquo;une question d&rsquo;égalité républicaine femmes-hommes-enfants.</p>



<p>Cet amendement est passé ce jour, contre l&rsquo;avis du gouvernment, et notamment contre l&rsquo;avis de la ministre des comptes publics Amélie de Montchalain qui s&rsquo;y est dite défavorable sous le pretexte que cet amendement avantagerait les plus aisés et désavantagerait les plus précaires. Une réponse en rien tangible. Le gain est nul pour les familles monoparentales précaires et c&rsquo;est une évidence puisqu&rsquo;elles ne sont pas imposables, et quant aux familles aisées, la défiscalisation étant soumise à un plafonnement de 12000€, il n&rsquo;y a également aucun risque qu&rsquo;elles y trouvent un quelqconque avantage. Enfin pourquoi 12000€ de plafond au total ? Et pour une famille monoparentale de 4 enfants, quelle injustice car 4000€ par enfant par 4 enfants font 16000€ et non 12000€. Pour ces familles là le plafond est dépassé et elles se veraient pénalisées car imposables pour le 4ème enfant.</p>



<p>Cette mesure change-t-elle donc vraiment le quotidien des mères isolées ? Non, même si toutesfois elle rétablit une injustice majeure. Il est donc indsipensable d&rsquo;aller plus loin et de permettre comme c&rsquo;est le cas au Canada le prélèvement de la pension alimentaire à la source pour mettre fin aux impayés de pension. Le dispositif de récupération des pensions, l&rsquo;aripa est onéreux et n&rsquo;est pas suffisamment éfficient puisqu&rsquo;il s&rsquo;est fixé pour  objectif d&rsquo;arriver à 30% d&rsquo;impayé de pension. Est-ce satisfaisant ?</p>



<p>Il faudrait également s&rsquo;accorder sur un calcul plus juste de la pension alimentaire, tel qu&rsquo;il prenne en compte les besoins réels de l&rsquo;enfant et non l&rsquo;unique revenu du parent gardien. Là encore la question est abordée par Philippe Brun qui évoque la prise en compte des besoins de l&rsquo;enfant et c&rsquo;est heureux car dans la réalité des faits, les besoins de l&rsquo;enfant ne sont jamais considérés et nombre de pères vont jusqu&rsquo;à organiser leur insolvabilité afin de ne pas verser de pension. </p>



<p>Il y&rsquo;a donc encore du chemin à faire avant de crier victoire, mais la Collective des Mères Isolées et nombres d&rsquo;autres associations de familles monoparentales qui ont vu le jour depuis sont en marche.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/image.png" alt="" class="wp-image-878" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/image.png 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/image-300x225.png 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/10/image-768x576.png 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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		<title>La réforme du complément de libre choix de mode de garde. Une fausse bonne nouvelle ?</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/sur-le-front-politique/la-reforme-du-complement-de-libre-choix-de-mode-de-garde-une-fausse-bonne-nouvelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélie Gigot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 17:06:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nos victoires]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Collective des Mères Isolées alerte depuis 2022 sur l’urgence à apporter des réponses d’envergure à la précarisation à marche forcée des foyers monoparentaux. Elle est entrée en campagne pour les présidentielles avec un programme en 22 mesures ciblant 5 priorités pour permettre l’accès au travail, au logement, à la santé, à l’éducation, à la culture et aux loisirs des familles monoparentales. Si en Un premier élément de réponse vient d’être apporté et confirmé par la sénatrice Colombe Brossel : le complément du libre choix de mode de garde sera bien prolongé jusqu’aux 12 ans de l’enfant. C’est en effet un premier levier d’action majeur qui permettra d’enrayer pour partie le continuum des violences économiques faites aux familles monoparentales et une promesse de campagne tenue. Nous ne pouvons que saluer une mesure qui devrait profiterMais un train ne peut-il pas en cacher un autre ?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La Collective des Mères Isolées alerte depuis 2022 sur l’urgence à apporter des réponses d’envergure à la précarisation à marche forcée des foyers monoparentaux. Elle est entrée en campagne pour les présidentielles avec un programme en 22 mesures ciblant 5 priorités pour permettre l’accès au travail, au logement, à la santé, à l’éducation, à la culture et aux loisirs des familles monoparentales. Si en Un premier élément de réponse vient d’être apporté et confirmé par la sénatrice Colombe Brossel : le complément du libre choix de mode de garde sera bien prolongé jusqu’aux 12 ans de l’enfant. C’est en effet un premier levier d’action majeur qui permettra d’enrayer pour partie le continuum des violences économiques faites aux familles monoparentales et une promesse de campagne tenue. Nous ne pouvons que saluer une mesure qui devrait profiter. Mais un train ne peut-il pas en cacher un autre ?</p>



<p>Rappelons qu’en 2015 on dénombrait 35% de familles monoparentales dites pauvres, en 2021 on en recensait 55%. Plus préoccupant encore, 40.5% des enfants issus des foyers monoparentaux grandissent en dessous du seuil de pauvreté. Ils transmettront cette précarité en héritage à la France de demain. L’enjeu politique et économique est donc de taille&nbsp;: inverser la courbe d’une précarité croissante.</p>



<p>Permettre le retour à l’emploi des mères isolées, et plus généralement des femmes, via la prolongation du libre choix de mode de garde est indéniablement le levier majeur puisque 1 mère isolée sur 3 est sans emploi et que les pères sont plus souvent en emploi que les mères  (dans 81% des cas pour les pères contre 67% pour les mères d’après les chiffres de l’Insee de 2020. Dans le cas des familles monoparentales qui sont majoritairement portées par des mères, c’est sans compter les abandons de carrière à marche forcée en raison des problématiques de garde d’enfant et le fait que 37% des mères isolées sont en temps partiel subi et 20% d’entre elles sont en CDD.</p>



<p>Ce que taisait cette promesse de campagne, ce sont les aménagements connexes à cette proposition de réforme du CMG qui supprime la bonification de 30% pour les foyers monoparentaux et la bonification de 40% accordée aux familles en situation de handicap. Considérant que dans 33% des cas les familles faisant face à une situation de handicap sont des familles monoparentales, inutile de préciser que c’est un effet double peine pour ces familles qui cumulent de surcroit toutes les difficultés afférant à la monoparentalité et au handicap. Ici encore une fois, il s’agit d’une question genrée puisque dans 9 cas sur 10 le parent aidant est la mère lorsqu’il y’a un enfant en situation de handicap. Rappelons aussi que la bonification du CMG en cas de monoparentalité ne peut compenser l&rsquo;absence d&rsquo;un deuxième revenu en regard de ce que coûte un enfant et de ce que coûtent les frais de garde. Il est financièrement plus viable pour une mère isolée d&rsquo;interrompre son activité professionnelle, pour garder elle même son enfant et de se contenter du RSA. Car dans le cas inverse, en conservant son travail et en déduisant les frais de garde connexes, il lui reste au final moins que l&rsquo;équivalent d&rsquo;un RSA à la fin du mois pour vivre.</p>



<p>La réforme du CMG telle quelle est mise en œuvre aura-t-elle donc l’effet escompté de pouvoir permettre aux mères isolées de retourner vers l&#8217;emploi ? Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que non. Le simulateur de la CAF, qui devait être mis à jour en juin pour pouvoir permettre un calcul réel des droits, n’est pas encore fonctionnel et nous ne ferons aucune spéculation. Cependant une évidence est déjà certaine, cette réforme est avantageuse pour les familles en couple (bénéficiant de 2 revenus) qui ont tout à y gagner. En revanche, avec un budget déjà précaire pour les familles monoparentales qui sont dans 29% des cas en situation de privation matérielle, la perte de bonification est réellement impactante. Au vu des simulations faites, si la réforme permet un gain assez conséquent pour les familles en couple, pour les familles monoparentales il y&rsquo;a perte de ressource, avec un effet aggravant constaté pour les familles en situation de handicap. Les familles monoparentales et en situation de handicap payent donc le prix de cette réforme puisque l’avantage de la majoration qui leur était acquise leur est soustrait, au profit de la prolongation du CMG qui avantage les familles en couple et non les familles monoparentales. Si l&rsquo;objectif était de permettre l&rsquo;accès au travail des mères isolées, levier majeur pour résorber la précarité, il est manqué.</p>



<p>Au final, le train de cette réforme en cachait bien un autre, qui creusera d’autant les écarts entre familles en couple et familles monoparentales. Si Gabriel Attal avait déclaré qu’il était temps de « désmicardiser la France », pour les familles monoparentales et en situation de handicap il en va tout autrement. Le déclassement social guette inévitablement les familles monoparentales privées d’un revenu. Avec l’inflation constante depuis 2014, comme mis en évidence dans cette étude, et notamment avec +15.6% sur les frais de mode de garde, nombre de familles monoparentales ont subi un déclassement social. A titre d&rsquo;exemple, le rapport de l&rsquo;IRES 2022 estime qu&rsquo;il faudrait un revenu de 3003€ par mois pour une famille monoparentale avec 2 enfants pour prétendre au revenu minimum décent. Privées de la bonification du CMG, combien de familles de plus vont-elles basculer vers la pauvreté ?</p>



<p>Cette réforme est inéquitable. c&rsquo;est un pilier et elle doit être retravaillée. La Collective des Mères Isolées renvoie donc à l&rsquo;ensemble des propositions établies dans sa proposition de loi.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-853" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-1536x1151.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-2048x1535.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Une carte de famille monoparentale ou un statut de parent isolé ?</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/rencontres-et-debats/une-carte-de-famille-monoparentale-ou-un-statut-de-parent-isole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélie Gigot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 15:31:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si en 2015 35% des familles monoparentales étaient pauvres, en 2021 on en recensait 55%. Plus préoccupant encore, 40.5% des enfants issus des foyers monoparentaux grandissent en dessous du seuil de pauvreté et transmettrons cette précarité en héritage à la France de demain. Un enjeu politique et économique de taille donc, à l'échelle municipale comme à l'échelle locale, merci de l'avoir rappelé. Une carte de famille monoparentale est-elle une réponse suffisante ?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La Collective des Mères Isolées était conviée au Ministère de la santé et des solidarités à l’occasion de la rencontre nationale « monoparentalité et pauvreté : analyses croisées et pratiques inspirantes », coordonnée par la délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté ». Deux tables rondes orchestrées par Jean Laurent Lastelle (délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté)&nbsp;: l’une sur les principaux enjeux des politiques publiques afférant à la monoparentalité, l’autre sur les éléments de réponses publiques apportés à la précarité des familles monoparentales.</p>



<p>Ouverture du débat par Anne Rubinstein, déléguée interministérielle à la lutte contre la prévention et la pauvreté, qui a confirmé par les chiffres combien la monoparentalité est une bombe sociale à retardement. Constat sans appel, rappelé également par madame la Ministre Sarah El Haïry. Merci. Si en 2015 35% des familles monoparentales étaient pauvres, en 2021 on en recensait 55%. Plus préoccupant encore, 40.5% des enfants issus des foyers monoparentaux grandissent en dessous du seuil de pauvreté et transmettront cette précarité en héritage à la France de demain. L’enjeu politique et économique est de taille donc, à l&rsquo;échelle municipale aussi bien qu&rsquo;à l&rsquo;échelle locale, merci de l’avoir rappelé. Une carte de famille monoparentale sera-t-elle une réponse suffisante ?</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/militantisme-2_blanc-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-842" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/militantisme-2_blanc-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/militantisme-2_blanc-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/militantisme-2_blanc-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/militantisme-2_blanc-1536x1152.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/militantisme-2_blanc-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>La Collective des Mères Isolées alerte depuis 2022 sur l’urgence à apporter des réponses d’envergure. Elle est entrée en campagne pour les présidentielles avec un programme en 22 mesures ciblant 5 priorités pour permettre l’accès au travail, au logement, à la santé, à l’éducation, à la culture et aux loisirs des familles monoparentales. Un premier élément de réponse vient d’être apporté et confirmé par la sénatrice Colombe Brossel, une promesse de campagne tenue : le complément de mode de garde sera bien prolongé jusqu’aux 12 ans de l’enfant. C’est en effet un premier levier d’action majeur qui permettra d’enrayer pour partie le continuum des violences économiques faites aux familles monoparentales. Un deuxième élément de réponse a été apporté également avec la proposition de création d’une carte de famille monoparentale, à l’image de la carte famille nombreuse créée en 1921. Cette proposition est portée par le sénateur Xavier Iacovelli et soutenue par le sénat. La Collective des Mères Isolées se permet néanmoins d’émettre quelques réserves si cette seule réponse devait éclipser la proposition de création d’un statut de parent isolé, car l’échelle des enjeux est très différente.</p>



<p>En effet, si la Collective des Mères Isolées salue bien sûr l’engouement politique autour des enjeux liés à la monoparentalité, elle appelle à des réponses à la hauteur des enjeux. Si l’on dénombrait en 1990 12% de familles monoparentales, leur nombre a aujourd’hui doublé. Elles représentent 1 famille sur 4 en 2021. Et rappelons-le, puisque ce n’est pas ainsi que la question est abordée en hauts lieux, c’est une question genrée. Dans 85% des cas ces familles sont portées par des mères, lesquelles pour une sur trois sont sans emploi et de facto précarisées par la séparation qui implique une perte de revenu de 28%. Et c’est sans compter le différentiel de revenu femme / homme de 8% à 10% en moyenne et le différentiel de revenu père / mère induit par la maternité (de 28% à partir de 1 enfant, 65% à partir de 2 enfants et de 135% à partir de 3 enfants et plus).</p>



<p>Les niveaux de discrimination se surajoutent donc les uns aux autres. Être mère isolée fait véritablement une différence et ce n’est pas l’unique différence. La Collective des Mères Isolées a pu mettre le doigt lors de cette concertation ministérielle sur les angles morts du discours national. Quid des familles croisant des situations de handicap ? Ici encore il s’agit pareillement d’une question genrée. Dans 9 cas sur 10 le parent aidant est la mère, et dans 33% des cas ces familles en situation de handicap sont des familles monoparentales avec un effet triple peine pour ces mères isolées et ces enfants en situation de handicap. N’aurait-il pas aussi fallu rappeler que 8% des familles monoparentales sont portées par des femmes racisées et que là encore, du fait de la rigidité systémique d’une France qui peine à suivre l’évolution du paysage social, c’est un double effet de minorisation qui s’opère. La Collective rappelle donc l’importance de s’emparer des problématiques afférant à la monoparentalité dans leur pleine réalité. Elle rappelle son combat pour visibiliser une réalité entière et qui est celle des mères isolées en France, tous profils socio-géographiques confondus. Si la Collective est née à Montreuil en 2020, elle rassemble aujourd’hui des mères de toute la France. Et elle revendique de porter la voix de toutes.</p>



<p>Cette concertation nationale avec l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux avait comme objectif de pouvoir rédiger un livret des pratiques inspirantes qui sera diffusé cet été afin d’envisager un plan d’action à destination des familles monoparentales.</p>



<p>Certaines initiatives locales en ont inspiré d’autres, et elles doivent nous montrer la voix. A titre d’exemple, la ville de Ris Orangis, sur initiative précieuse de son maire Stéphane Raffalli, a emboîté le pas à la proposition de loi de création d’un statut de parent isolé portée par la Collective des Mères Isolées. Stéphane Raffalli l’a rappelé, il a fait voter le premier statut municipal de parent isolé composé de 21 mesures afin de donner de l’élan et de guider les politiques nationales. Les municipalités de Montpellier et de Dijon lancent désormais également leurs plans sur la monoparentalité. Ces avancées locales appellent à une harmonisation des pratiques à l’échelle nationale. Une question dont Juliette Méadel, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, chargée de la Ville, doit se saisir afin de prévenir les iniquités de traitement territoriales.</p>



<p>Il s’agit là de s’emparer de questions d’égalité républicaine à échelle nationale, et grand merci à la Ministre Aurore Bergé, en charge de l’égalité femmes hommes, de l’avoir rappelé. La société a trop longtemps déresponsabilisé les pères. Le combat des familles monoparentales est donc un combat pour l’égalité des droits, pilier central de la proposition de loi portée par la Collective des Mères Isolées qui vise la création d’un statut. Si la carte de famille monoparentale peut présenter certains avantages, elle ne garantit en rien des droits en matière de travail, de santé, de logement, d’éducation, de culture et de loisirs. C’est l’enjeu central de cette proposition de loi que nous avons remis entre les mains du député Philippe Brun et d’une coalition transpartisane de députés. Il ne s’agit pas de négocier des privilèges, mais de garantir des droits auquel 1 enfant sur 4 n’a pas accès aujourd’hui en France.</p>



<p>Il s’agit donc de réfléchir à l’efficience des réponses apportées. Grand sujet débattu lors de la concertation : l’ARIPA (dispositif de recouvrement des impayés de pension alimentaire). Si les uns et les autres s’accordent à en vanter les mérites, n’est-il pas inutilement onéreux et d’un autre temps ? Nous savons aujourd’hui prélever l’impôt à la source, pourquoi ne pas se calquer sur le système canadien, et envisager le gain budgétaire que représenterait le fait de prélever la pension alimentaire à la source ? Le député Philippe Brun qui s’est emparé de chacune des propositions de la Collective des Mères Isolées, l’a calculé&nbsp;: un prélèvement à la source serait un gain monumental dans les caisses de l’Etat. Il s’agit également de penser des mesures qui ne se contentent pas de réorganiser les moyens, mais de réformer nos institutions devenues obsolètes à la lumière des mutations de la société d’aujourd’hui. Les modes de calcul de la pension alimentaire à titre d’exemple ne doivent-ils pas être repensés puisqu’il existe 2 barèmes de calcul différents, l’un de 2010 établi par le ministère de la justice et l’autre de 2018 établi par l’ARIPA, mais que ni l’un ni l’autre ne tiennent compte des besoins effectifs de l’enfant. Un enfant coûte en moyenne 750€ par mois, merci à Laurence Rioux, secrétaire générale du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, de l’avoir rappelé. Le calcul de la pension ne devrait-il donc pas prendre en compte avant tout l’intérêt premier des enfants et non les revenus du parent non gardien ? Elle a rappelé également qu’1/3 des pensions alimentaires demeuraient impayées et ce malgré l’action de l’ARIPA. D’ailleurs, a rappelé l’ex-députée Aude Luquet, le cadre fiscal qui régit cette pension alimentaire si mal nommée est très injuste. La pension alimentaire est fiscalisée pour le parent gardien et défiscalisée pour le parent non gardien. Elle est dans les faits une contribution à l’entretien et à l’éducation de l’enfant et ne devrait en aucun cas faire l’objet d’une ponction fiscale. Rappelons donc que la proposition de loi de défiscalisation de la pension alimentaire déposée par Aude Luquet attend juste une signature, et que, nous Collective des Mères Isolées et dans ce même sillage la Fondation des Femmes relayons aussi cette proposition de défiscalisation de la pension alimentaire. Cela suffira-t-il&nbsp;? Toujours pas. La Collective des Mères Isolées avance de front également avec l&rsquo;association «&nbsp;Parents et féministes&nbsp;» sur les questions de congé parental. Ne faudrait-il pas pour les mères isolées doubler le congé maternité, ainsi que les jours de congé enfant malade&nbsp;pour compenser l’absence d’un deuxième parent ? Là encore, c’est une question d’équité entre familles monoparentales et familles en couple.</p>



<p>Vous l’aurez compris, une carte de famille monoparentale et des avantages à la consommation, quand les inégalités sont si ancrées et que dans 29% des cas les familles monoparentales font l’objet de privations alimentaires peut sembler un choix étrange. Encore faudrait-il avoir les moyens de consommer. Quand la case loisir du budget est amputée par l’absence de revenu, c’est donc loin d’être une réponse suffisante. Et avons-nous omis de parler du déclassement social ? Car selon le rapport de l’IRES 2022, il faudrait justifier d’un revenu de 3003 euros par mois pour une famille monoparentale avec 2 enfants pour prétendre à une vie décente. Combien de familles, en raison de l’inflation constante, ont basculé en dessous du revenu minimum décent et subissent de plein fouet les privations à la consommation ?</p>



<p>La Collective des Mères Isolées vous invite donc à réétudier l’ensemble des propositions établies dans sa proposition de loi. Elle a un rendez-vous à venir au cabinet ministériel en charge de la cohésion sociale avec Pierre Stecker. L’enjeu majeur est de pouvoir rompre avec le continuum des violences et des discriminations économiques, sociales et politiques. C’est en effet une question d’égalité des chances républicaine, autant qu’une question de cohésion sociale. Aurore Bergé l’a rappelé, il s’agit d’amplifier l’accès aux droits, d’éviter l’exclusion silencieuse et le non-recours, via des actions sociales et fiscales. Un accord cadre doit être signé pour permettre aux femmes et aux enfants de prendre un « nouveau départ » après la séparation. Espérons que les réponses seront à la hauteur des enjeux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/proposition_de_loi_blanc-2_page-0001-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-843" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/proposition_de_loi_blanc-2_page-0001-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/proposition_de_loi_blanc-2_page-0001-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/proposition_de_loi_blanc-2_page-0001-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/proposition_de_loi_blanc-2_page-0001-1536x1152.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/06/proposition_de_loi_blanc-2_page-0001-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>Proposition de loi consultable ici :</p>



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		<title>Concertation actions monoparentalité Mairie de Paris : Pour un statut municipal de parent isolé ?</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/rencontres-et-debats/concertation-actions-monoparentalite-mairie-de-paris-pour-un-statut-municipal-de-parent-isole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélie Gigot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 17:24:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Rencontres et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Invitation de la Collective des Mères Isolées pour l&#8217;occasion de la concertation organisée par la Mairie de Paris sur les actions à mener en direction des famille monoparentales. Articuler propositions législatives et mesures locales afin de pouvoir harmoniser d&#8217;une municipalité à l&#8217;autre des pratiques qui prennent en compte les diffcultés rencontrées au quotidien par les...</p>
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<p><strong>Invitation de la Collective des Mères Isolées pour l&rsquo;occasion de la concertation organisée par la Mairie de Paris sur les actions à mener en direction des famille monoparentales. Articuler propositions législatives et mesures locales afin de pouvoir harmoniser d&rsquo;une municipalité à l&rsquo;autre des pratiques qui prennent en compte les diffcultés rencontrées au quotidien par les mères isolées et de leurs enfants, voilà ce qu&rsquo;a défendu la Collective des Mères Isolées au côté des associations partenaires.</strong></p>



<p>5 priorités pour la Collective des Mères Isolées afin de résorber le cycle des violences institutionnelles, économiques et sociales faites aux mères isolées et à leurs enfants : le travail, le logement, la santé, la justice, l&rsquo;accès à la culture et aux loisirs. Ce sont les points que mettra à l&rsquo;étude cette commission a également rappelé Emmanuelle Lerock, conseillère de l&rsquo;adjoint à la Maire de Paris, Patrick Bloche, concertation co-organisée avec les équipes du pôle petite enfance, représentées par Adeline Bodin, Xavier Vuillaume (directeur du pôle petite enfance) et Stéphanie Veneziano (Conseillère petite enfance de Madame le Maire de Paris), ainsi que les équipes de la mission famille de la DFPE de Paris, représentée par Elisa Merlo Zeitoune.</p>



<p>Abordé ce jour dans l&rsquo;hémicycle, la question de l&rsquo;accès à l&#8217;emploi des familles monoparentales. Une problématique lourdement genrée que celle du travail, qui se sur-ajoute à l&rsquo;ensemble des problématiques afférentes à la monparentalité pareillement genrées.</p>



<p>Les inégalités devant l&#8217;emploi sont en effet gravées de facto avec un différentiel salarial moyen femme-homme de 8% en moyenne. Dès l&rsquo;arrivée du premier enfant les inégalités se creusent encore plus avec un différentiel de revenu entre le père et la mère de 28%, puis 65% avec l&rsquo;arrivée du 2ème enfant et enfin 165% pour une mère ayant 3 enfants ou plus (à lire les travaux de Violaine Dutrop sur les questions de parentalité et d&rsquo;égalité).</p>



<p>Il en résulte à l&rsquo;échelle des familles monoparentales, majoritairement portées par des mères isolées, une précarisation à marche forcée. Dans 55% des cas ces familles monoparentales sont pauvres et ce à raison. 1/3 des mères isolées sont sans emploi car elles doivent s&rsquo;occuper de leurs enfants. Un premier espoir de voir les mères retourner à l&#8217;emploi avec la prolongation du Complément de Mode de Garde aux 12 ans de l&rsquo;enfant (et non 6 ans actuellement) voté pour une mise en application en septembre 2025. Mais cela suffira-t-il ?</p>



<p>Nombre de problématiques ont été soulevées à l&rsquo;occasion de cette réunion diligentée par la Ville de Paris, et notamment le fait que les mères, même en emploi, n&rsquo;en restent pas moins souvent condamnées à des temps partiels subis (dans 20% des cas) ou des CDD (dans 37% des cas). Préserver sa carrière ou retourner vers l&#8217;emploi après la naissance d&rsquo;un enfant, sans une réforme en profondeur du monde du travail, reste une gageure pour les mères en raison de la distribution encore très genrée des rôles auprès de l&rsquo;enfant dans notre société. Et pour preuve 17.2% des mères se trouvent en situation de chômage dit « découragé ». A noter qu&rsquo;elles sont aussi surreprésentées dans les métiers faiblement qualifiés. Sont-elles donc condamnées à l&rsquo;abandon de carrière à marche forcée ?</p>



<p>La garde d&rsquo;enfant est un levier majeur au retour à l&#8217;emploi des mères. Mais outre la prolongation du CMG, nombre d&rsquo;obstacles restent à lever, à commencer par les coûts en constante augmentation depuis 2014 (le rapport de l&rsquo;IRES 2022 souligne une augmentation de +15.6%). Dans le même temps le nombre d&rsquo;assistantes maternelles n&rsquo;a cessé de diminuer. Il en va de même pour les places en crêches municipales, départementales ou associatives qui n&rsquo;offrent pour l&rsquo;heure pas d&rsquo;accès prioritaire aux mères isolées. Dans la réalité, 56% des parents français gardent leurs enfants. Comment font les mères isolées en l&rsquo;absence du revenu compensatoire du parent en activité ? Et quand il faut ponctionner sur l&rsquo;unique revenu d&rsquo;une mère isolée des frais de garde coûteux, le salaire est amputé à tel point, que finalement, interrompre l&rsquo;activité professionnelle et se mettre au RSA pour garder son enfant, s&rsquo;avère éla solution économiquement la moins pénalisante pour une mère isolée. Non elle n&rsquo;est pas un « cassos », mais elle est dans l&rsquo;impossibilité de conserver son activité ou bien à quel prix ? </p>



<p>A l&rsquo;échelle nationale, bien sûre qu&rsquo;il y&rsquo;a urgence à réformer le code du travail pour permettre plus de flexibilité horaire pour tout parent qui aurait la charge de garder son enfant. A l&rsquo;échelle locale, les municipalités peuvent beaucoup, car il est de leur ressort d&rsquo;agir sur les modes de garde. La Collective des Mères Isolées rappelle donc l&rsquo;importance  de pouvoir prioriser l&rsquo;accès aux mode de garde aux parents isolés afin qu&rsquo;ils puissent travailler. </p>



<p>Si la mairie de Ris Orangis a voté sous la direction de Stéphane Raffalli et son adjointe Semira Lequerec l&rsquo;an passé un corpus de 21 mesures à la faveur des familles monoparentales, la Collective rappelle l&rsquo;importance de pouvoir harmoniser les pratiques. A titre d&rsquo;exemple, les engagements des municipalités de Montpellier et de Ris Orangis qui offrent de véritables plans d&rsquo;action en regard de la question des modes de garde pour les familles monoparentales, avec notamment l&rsquo;attribution de points de bonification pour les familles monoparentales, des places AVIP spécifiques pour pouvoir accéder aux modes de gardes sur des horaires atypiques et un calcul plus équitable du quotien familial (calcul à N-0 et avec une demi-part supplémentaire pour le parent isolé) pour un cout de revient moins honéreux des frais de garde. </p>



<p>Cela suffira-t-il ? Non. Il va falloir permettre l&rsquo;accompagnement vers l&#8217;emploi des parents, dans l&rsquo;immense majorité des cas les mères puisqu&rsquo;elles sont moins souvent en emploi que les pères. Pour les mères isolées, 33% d&rsquo;entre elles ont du renoncer à l&#8217;emploi. La municipalité de Ris Orangis s&rsquo;est également attelée à cette question en proposant un accompagnement des parents isolés vers le retour à l&#8217;emploi. Ris Orangis profitera également de son rendez-vous annuel du café des entrepreneurs pour sensibiliser les entreprises locales aux problématiques liées à la monoparentalité. La flexibilité horaire est un enjeu majeur pour permettre un retour efficient à l&#8217;emploi des mères isolées. Les municipalités pourraient aussi encourager l&rsquo;entrepreunariat au féminin via les couveuses d&rsquo;entreprises et en s&rsquo;appuyant également sur le maillage associatif local. Les propositions émanant du tissu associatif en faveur de l&rsquo;insertion professionnel ne manquent pas, encore faut-il savoir coordoner et mettre à profit ces moyens.</p>



<p>Un autre point d&rsquo;ombre, les inégalités femmes-hommes sur le marché du travail. Comme l&rsquo;a fait remarquer Xavier Vuillaume, les inégalités salariales sont en partie dûes aux primes, notamment le système de prime horaire atypique, qui profite majoritairement aux hommes sur les services municipaux de la mairie de Paris. C&rsquo;est en partie là que se joue le différentiel salarial femme-homme. Et cela n&rsquo;échappe pas aux syndicats. A quand donc une réforme en profondeur du monde du travail pour permettre aux mères comme aux pères d&rsquo;être, à hauteur de leurs appétences et compétences, en activité ?</p>



<p>Enfin, pour poser une dernière pierre à l&rsquo;édifice de ce qui se construit sur la Ville de Paris à la faveur des familles monoparentales, il n&rsquo;échappe pas à la Collective des Mères Isolées, que quand on est maman d&rsquo;un enfant en situation de handicap visible ou invisible, rester en activité relève du marathon quotidien en raison de l&rsquo;insuffisance des moyens en terme d&rsquo;accomapagnement. Quid de l&#8217;emploi des parents pour les familles en situation de handicap. La dernière enquête de l&rsquo;INSEE le prouve, c&rsquo;est également encore une question genrée, et pour les mères isolées, c&rsquo;est un effet triple peine. Dans 9 cas sur 10, le parent aidant auprès de l&rsquo;enfant est la mère et 33% des familles faisant face à une situation de handicap sont des familles monoparentales. Pour les oublié.e.s de l&rsquo;égalité, les mères, les enfants invisibilisés derrière la maladie ou le handicap, la Collective des Mères Isolées réclame donc aussi des droits, un du. Elle rappelle à l&rsquo;état son devoir en regard des lois de 2005 et de 2015 sur l&rsquo;inclusivité en entreprise et à l&rsquo;école, car un enfant à besoin particulier accompagné, scolarisé, c&rsquo;est une mère qui est en mesure de travailler.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-819x1024.jpg" alt="" class="wp-image-817" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-819x1024.jpg 819w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-240x300.jpg 240w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-768x960.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-1229x1536.jpg 1229w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-1638x2048.jpg 1638w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/DEBUNK-1-1-scaled.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Question de société : Violences faites aux femmes, quid du contrôle coercitif ?</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/rencontres-et-debats/question-de-societe-violences-faites-aux-femmes-quid-du-controle-coercitif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélie Gigot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 15:48:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.collectivemeresisolees.fr/?p=778</guid>

					<description><![CDATA[<p>Invitation de la Collective des Mères Isolées sur le plateau du magazine "Questions de société" pour l'enregistrement pour l'enregistrement d'une émission à paraître en septembre prochain sur les violences faites aux femmes, violences physiques, psychologiques, juridiques, économiques, politiques et institutionnelles. 80% des femmes victimes de violence sont des mères. Quid du contrôle coercitif ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/rencontres-et-debats/question-de-societe-violences-faites-aux-femmes-quid-du-controle-coercitif/">Question de société : Violences faites aux femmes, quid du contrôle coercitif ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Invitation de la Collective des Mères Isolées sur le plateau du magazine « Questions de société » pour l&rsquo;enregistrement d&rsquo;une émission à paraître en septembre prochain sur les violences faites aux femmes, violences physiques, psychologiques, juridiques, économiques, politiques et institutionnelles. 80% des femmes victimes de violence sont des mères.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/8e78f21d-6cd2-4952-ac01-9b94239f0ca5-1-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-781" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/8e78f21d-6cd2-4952-ac01-9b94239f0ca5-1-1024x576.jpeg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/8e78f21d-6cd2-4952-ac01-9b94239f0ca5-1-300x169.jpeg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/8e78f21d-6cd2-4952-ac01-9b94239f0ca5-1-768x432.jpeg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/8e78f21d-6cd2-4952-ac01-9b94239f0ca5-1-1536x864.jpeg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/8e78f21d-6cd2-4952-ac01-9b94239f0ca5-1.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p></p>



<p>Entre autres sujets abordés, le contrôle coercitif. En effet, si une importante proposition de loi de lutte contre les violences sexistes et sexuelles vient d’ être examinée au sénat ce 3 avril dernier. Quid de la violence du contrôle coercitif qui ne semble pas clairement circonscrit par cette proposition de loi ?</p>



<p>Dans son livre Andrea Gruev Vintila estime à 60% le nombre de femmes ayant subi  au moins une forme de violence au sortir d&rsquo;une séparation.</p>



<p>Au quotidien, l&rsquo;enjeu, avant même la reconnaissance de ces violences au sortir de la séparation, c&rsquo;est de s&rsquo;en libérer. Quand on vit sous contrôle, nous parlerons ici de contrôle coercitif, quand on comprend les stratégies de l’agresseur et la logique du phénomène, on sait finalement, qu&rsquo;une séparation n&rsquo;est que le recommencement annoncé de nouvelles formes de violences.</p>



<p>Le partage de l&rsquo;autorité parentale notamment laisse les mères dans l&rsquo;impossibilité de rompre réellement avec l&rsquo;ex-agresseur, et ce jusqu&rsquo;à la majorité de l&rsquo;enfant. L&rsquo;agresseur garde le pouvoir, et pire encore puisque nos institutions légitiment ce pouvoir, ainsi que celui de l&#8217;emprise. Pouvoir décisionnaire pour tout acte lié à l&rsquo;éducation et la santé de l&rsquo;enfant par exemple, pouvoir de disposer du temps de la mère autant que de celui de l&rsquo;enfant, pouvoir de poursuivre au pénal pour non-représentation d&rsquo;enfant une mère qui protège justement son enfant, pouvoir d&rsquo;exercer librement un « droit » de visite et d&rsquo;hébergement, selon les textes de la loi, et non « devoir » de s&rsquo;acquitter de sa responsabilité liée à l&rsquo;autorité parentale. Pouvoir juridique et économique de continuer à exercer les violences.</p>



<p>Si le juge aux affaires familiales a déjà le droit de refuser le partage de l&rsquo;autorité parentale en cas de crime ou de délit commis sur la personne de son conjoint ou de son enfant &nbsp;selon l&rsquo;article 373-2-1 du Code civil, renforcé par la loi Santiago du 18 mars 2024), il s&rsquo;avère que dans les faits elle n&rsquo;est quasiment jamais retirée.</p>



<p>Investigation coûteuse des violences, massification des plaintes pour violences conjugales, discordances entre le civil et le pénal, si bien que les plaintes pour violence peinent à aboutir et ne sont que rarement remontées lors de l&rsquo;audience  devant le juge aux affaires familiales, laquelle dure en moyenne 15 minutes.</p>



<p>Mêmes reconnues ces violences sont très souvent requalifiées en «&nbsp;conflit&nbsp;», ou pire, elles sont classées sans suite. Sur 298 000 plaintes de violences sur mineur en 2020, seuls 58 agresseurs se sont vus condamnés et retirer l&rsquo;autorité parentale. Dans les faits, l&rsquo;autorité parentale n&rsquo;est que rarement retirée à l&rsquo;auteur des violences, car en pratique, on continue à «&nbsp;séparer le conjoint du père&nbsp;» et à faire prévaloir sur toute autre conception la prévalence du  «&nbsp;lien&nbsp;» avec les deux parents. </p>



<p>Dans ce contexte, affirmer que par défaut l&rsquo;autorité parentale conjointe doit être retirée en cas de «&nbsp;contrôle coercitif&nbsp;» est le cœur du sujet. C&rsquo;est ce qui peut faire que cette loi changera tout dans la vie des victimes, ou qu&rsquo;elle ne changera rien. Car tant que l&rsquo;autorité parentale est conjointe, la violence du contrôle coercitif ne peut pas cesser, ne peut pas s&rsquo;arrêter. Les femmes et les enfants ne peuvent s&rsquo;en libérer.</p>



<p>Expliquer ce qu&rsquo;est la violence conjugale, l&rsquo;inscrire dans la loi, l&rsquo;objectiver, objectiver toute forme de violence, psychologique, physique, institutionnelle, juridique, économique, c&rsquo;est la question que nous avons abordée sur ce plateau. </p>



<p>Mettre des mots sur les violences, former tout personnel institutionnel aux protocoles d&rsquo;écoute NICHD, sensibiliser les magistrats à ces nouveaux outils conceptuels que sont les dernières études sur le contrôle coercitif permettrait de faire enfin entendre et peser la voix des victimes. La cour d&rsquo;appel de Poitiers a fait jurisprudence en 2024. A suivre pour une réforme de la Justice aux Affaires Familiales qui protègerait les mères et les enfants&#8230;</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/rencontres-et-debats/question-de-societe-violences-faites-aux-femmes-quid-du-controle-coercitif/">Question de société : Violences faites aux femmes, quid du contrôle coercitif ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
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		<title>Pour un féminisme populaire en phase avec les réalités de la monoparentalité</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/sur-le-front-politique/pour-un-feminisme-populaire-en-phase-avec-les-realites-de-la-monoparentalites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélie Gigot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:13:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontres et débats]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Participation de la Collective des Mères Isolée mardi soir 8 avril au débat en ligne "Féminisme populaire" organisé par le député Philippe Brun et animé par Fatma Yadani, qui a permis de lever le voile entre autres sur les inégalités entre pères et mères après une séparation. Cette réalité peut-elle encore être niée ?</p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/sur-le-front-politique/pour-un-feminisme-populaire-en-phase-avec-les-realites-de-la-monoparentalites/">Pour un féminisme populaire en phase avec les réalités de la monoparentalité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
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<p class="has-theme-palette-1-color has-text-color has-link-color wp-elements-826657df14adc73dc5c71bacf414d954">Participation de la Collective des Mères Isolée mardi soir 8 avril au débat en ligne « Féminisme populaire » organisé par le député Philippe Brun et animé par Fatma Yadani, qui a permis de lever le voile entre autres sur les inégalités entre pères et mères après une séparation. Cette réalité peut-elle encore être niée ?</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="629" height="615" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/IMG-20250410-WA0007.jpg" alt="" class="wp-image-769" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/IMG-20250410-WA0007.jpg 629w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/IMG-20250410-WA0007-300x293.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 629px) 100vw, 629px" /></figure>



<p>En effet ces inégalités sont chiffrées. Elles existent dans le couple et persistent après le couple. Liberté, égalité parentalité, un idéal pour lequel milite Violaine Dutrop. Les inégalités naissent dans le couple dès la naissance du premier enfant avec un différentiel de revenu père / mère de 28%. Avec 2 enfants 65% et avec 3 enfants 135%. Merci à violaine Dutrop pour ce remarquable plaidoyer chiffré.</p>



<p>Par ailleurs les pères sont plus souvent en emploi que les mères. Dans 81% des cas pour les pères contre 67% des cas pour les mères. Les pères sont de facto moins souvent au chômage, dans 10% des cas seulement pour les pères contre 18% des cas pour les mères. Merci à Johanna Luyssen pour ce rappel chiffré posé en préambule de son ouvrage « Mère solo » qui propose une analyse de fond des enjeux de la monoparentalité. Nous la remercions également d&rsquo;y saluer en ouverture le travail législatif et de terrain de la Collective des Mères Isolées.</p>



<p>Dans le couple la distribution des rôles est indéniablement genrée. Après le couple, elle l’est encore plus : dans 85% des cas la charge de la monoparentalité est portée par les mères, et dans 3% des cas seulement par les pères. Les 12% restant sont des parents adoptifs grands parents etc. La raison de cette dissymétrie ? Le dernier rapport du gouvernement sur les décisions de justice (Taubira 2014) montre que la plupart du temps les pères ne demandent pas la garde.</p>



<p>Les inégalités se creusent donc inévitablement : pour une mère isolée on parlera de « chômage découragé », d’abandon de carrière à marche forcée, de temps partiel subi. Sans compter une hausse des prix de 15.6% des modes de garde selon les derniers chiffres de l’IRES de 2022.</p>



<p>Les discriminations subies par les mères isolées, que ce soit en ville, en milieu rural ou dans les zones prioritaires, &nbsp;accentuent donc les inégalités sociales et économiques entre hommes et femmes. Ce constat peut-il être encore délibérément mal compris ou fallait-il encore lever le voile sur la réalité de cette précarité genrée ? 55% des familles monoparentales sont pauvres.</p>



<p>Merci évidemment à la sénatrice Laurence Rossignol pour l’acuité de son analyse et la justesse de son combat pour plus de justice sociale. En effet les défaillances des services publics se répercutent comme un effet loupe sur les inégalités de traitement, qui s’accentuent de surcroit d’un territoire a l’autre.</p>



<p>Merci aussi à elle d’avoir soutenu dès sa naissance la proposition de loi portée par la Collective des Mères Isolées pour la création d’un statut de parent isolé. Merci enfin à elle de continuer à mettre en valeur notre combat pour l’obtention de droits légitimes et non de «&nbsp;privilèges&nbsp;», à l’heure où les familles monoparentales représentent une famille sur 4 dans notre société. C’est une question d égalité républicaine quand on sait qu’il existe un statut de famille nombreuse par exemple depuis 1921.</p>



<p>Pour finir la collective des mères isolées, désormais membre du comité d’entente égalité femmes hommes de la &nbsp;Défenseure des droits, ne peut que rejoindre Laurence Rossignol dans son ambition de donner aux femmes et particulièrement aux mères et leurs enfants le droit à une justice protectrice, rendue par des magistrats formés aux violences intrafamiliales.</p>



<p>Comment ne pas s’agacer du fait que certaines associations et élu.e.s prétendent servir l’«&nbsp;égalité parentale&nbsp;» entre pères et mères en prônant la systématisation de la résidence alternée qui ne sert bien souvent ni l’intérêt de la mère, ni celui de l’enfant. Rappelons que lorsque les pères demandent ce mode de garde dans 93% des cas ils l’obtiennent (Rapport Taubira).</p>



<p>Nous ne pouvons qu’inciter à regarder en face les chiffres, à relire et à signer notre pétition pour la création d’un statut de parent isolé et à consulter notre proposition de réforme de la justice aux affaires familiales.</p>



<p><a href="https://www.mesopinions.com/petition/politique/reconnaissance-statut-parent-isole-ouvrant-droits/220044">https://www.mesopinions.com/petition/politique/reconnaissance-statut-parent-isole-ouvrant-droits/220044</a></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/proposition_de_loi_blanc-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-771" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/proposition_de_loi_blanc-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/proposition_de_loi_blanc-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/proposition_de_loi_blanc-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/proposition_de_loi_blanc-1536x1151.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/proposition_de_loi_blanc-2048x1535.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><a href="https://blogs.mediapart.fr/collective-des-meres-isolees/blog/210624/pour-un-grenelle-et-une-reforme-de-la-justice-familiale-francaise">https://blogs.mediapart.fr/collective-des-meres-isolees/blog/210624/pour-un-grenelle-et-une-reforme-de-la-justice-familiale-francaise</a></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/reforme_jaf_blanc-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-770" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/reforme_jaf_blanc-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/reforme_jaf_blanc-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/reforme_jaf_blanc-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/reforme_jaf_blanc-1536x1152.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/04/reforme_jaf_blanc-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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		<title>Proposition de Grenelle et de réforme de la justice aux affaires familiales (2024)</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/proposition-de-grenelle-et-de-reforme-de-la-justice-aux-affaires-familiales-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Collective]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jan 2025 15:23:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
		<category><![CDATA[newsletter]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>PROPOSITION DE REFORME DE LA JUSTICE AUX AFFAIRES FAMILIALES DE LA COLLECTIVE DES MERES ISOLEES Visant à une réforme de la Justice aux Affaires Familiales EXPOSÉ DES MOTIFS Sous couvert de garantir l’«&#160;égalité parentale&#160;», les articles de loi sur l’«&#160;autorité parentale conjointe&#160;» et les pratiques judiciaires contribuent en réalité à creuser et à entretenir une...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>PROPOSITION</strong> <strong>DE REFORME DE LA JUSTICE AUX AFFAIRES FAMILIALES DE LA COLLECTIVE DES MERES ISOLEES </strong></p>



<p><strong><em>Visant à une réforme de la Justice aux Affaires Familiales</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/reforme_jaf_blanc1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-856" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/reforme_jaf_blanc1-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/reforme_jaf_blanc1-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/reforme_jaf_blanc1-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/reforme_jaf_blanc1-1536x1152.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/reforme_jaf_blanc1-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>EXPOSÉ DES MOTIFS</strong></p>



<p>Sous couvert de garantir l’«&nbsp;égalité parentale&nbsp;», les articles de loi sur l’«&nbsp;autorité parentale conjointe&nbsp;» et les pratiques judiciaires contribuent en réalité à creuser et à entretenir une dissymétrie flagrante entre le parent gardien – dans 85% des cas, la mère – à qui il revient d’assumer tous les DEVOIRS parentaux&nbsp;; et le parent non-gardien – bien souvent, le père – à qui la justice accorde tous les DROITS, sans aucune contrepartie en termes de devoirs. Par ailleurs, ils contribuent également à entretenir les rapports de force et de domination entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les adultes et les enfants lorsque domination il y a<a href="#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a>.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Asymétrie entre les droits et les devoirs des parents gardiens et non gardiens</strong></li>
</ul>



<p>Il est impossible de savoir combien de pères exercent de façon régulière leur Droit de Visite et d’Hébergement, combien ont totalement disparu de la vie de leur enfant, dans la mesure où ce Droit de Visite et d’Hébergement n’est pas un devoir. Le parent non gardien en use comme bon lui semble. Qu’importe les conséquences psychologiques sur l’enfant, qu’importe les conséquences sur l’organisation et les finances du parent gardien. Tout cela, la justice s’en moque, ça n’est pas un délit<a href="#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a>.</p>



<p>À l’inverse, si une mère, forte de l’absence répétée du père, finit par décider de ne pas envoyer son enfant chez lui un week-end, elle se rend coupable de délit de « non-représentation d’enfant&nbsp;», et si le père décide de porter plainte, elle encourt une peine qui peut aller jusqu’à 15000 euros d’amende et un an d’emprisonnement ferme<a href="#_ftn3" id="_ftnref3">[3]</a>.</p>



<p>La seule chose censée constituer un délit pour le parent non-gardien dans la loi actuelle est le «&nbsp;délit d’abandon de famille&nbsp;», qui concerne le fait de ne pas s’acquitter pendant 2 mois ou plus de la «&nbsp;Contribution à l’Entretien et l’Éducation de l’Enfant&nbsp;» – improprement appelée «&nbsp;pension alimentaire&nbsp;»<a href="#_ftn4" id="_ftnref4">[4]</a>. Or, force est de constater qu’en pratique, le non-paiement de la pension alimentaire n’est que très rarement sanctionné par la loi. Les derniers chiffres publiés par l’Agence de Recouvrement et d’Intermédiation des Pensions Alimentaires montrent que 30 à 40% des pensions alimentaires demeurent en France impayées, sans que les parents débiteurs soient pour autant sanctionnés ou mis en prison<a href="#_ftn5" id="_ftnref5">[5]</a>.</p>



<p>Pourtant, l’article 371-2 du Code civil stipule bien que «&nbsp;<em>chacun des parents contribue à l’entretien et l’éducation de l’enfant à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant&nbsp;</em>»<a href="#_ftn6" id="_ftnref6">[6]</a>. Force est de constater qu’en pratique, ce n’est pas ce qui se passe…Et qu’autant les Juges aux Affaires Familiales accordent beaucoup de considération aux difficultés des pères qui se déclarent précaires ou insolvables, et renoncent régulièrement à leur imposer une obligation alimentaire au nom de cette insolvabilité<a href="#_ftn7" id="_ftnref7">[7]</a>&nbsp;; autant aucun ne semble prendre en considération les répercussions qu’une telle décision a de fait sur la vie de l’enfant – dont les «&nbsp;besoins&nbsp;» demeurent, quoi qu’il arrive, une réalité incompressible – et sur la vie des mères, à qui il revient de compenser ce manque à gagner.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les dysfonctionnements d’une Justice aux Affaires Familiales saturée</strong></li>
</ul>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le délai d’attente moyen pour obtenir une audience est de six mois à un an. Les frais d’avocat sont faramineux – environ 2000 à 3000 euros pour une procédure – et peuvent atteindre des dizaines de milliers d&rsquo;euros selon la complexité du dossier et l’intersection entre le pénal et le civil.</p>



<p>Les dispositifs d’aides sont largement insuffisants : à l’heure actuelle, ne peut prétendre à l’aide juridictionnelle complète qu’une personne dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 11 262 euros, autrement dit dont le revenu mensuel est inférieur à 1000 euros. La durée moyenne d’une audience est de 15 minutes, les juges ayant chacun en moyenne 500 dossiers par an voir plus.&nbsp;</p>



<p>• <strong>L’insuffisante prise en compte des violences conjugales et intrafamiliales</strong></p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les chiffres publiés par le Haut Conseil à l’Égalité le 9 juin 2021 montrent qu’alors que 398 310 enfants ont été témoins ou co-victimes de violences conjugales en 2020, seuls 58 agresseurs se sont vus retirer leur autorité parentale. Il existe un cloisonnement entre la justice pénale et la justice civile, et persiste dans les pratiques judiciaires l’idée qu’il faut séparer le conjugal du parental, et qu’un conjoint violent peut être un bon père. Par principe, l’«&nbsp;autorité parentale conjointe&nbsp;» doit être maintenue, même dans les cas les plus graves (viol de l’enfant, viol conjugal, père en prison pour féminicide). &nbsp;</p>



<p>Les articles de loi sur l’autorité parentale conjointe posent des problèmes de fond qui ont des répercussions directes sur la santé et la sécurité des enfants et de leur mère. En effet, le Code civil fait passer avant toute autre définition de « l’intérêt de l’enfant » son intérêt à «&nbsp;<em>conserver un lien avec ses deux parents légaux&nbsp;</em>», sans réellement questionner la teneur et la qualité de ce lien, et ce, en dépit de faits avérés de violence (physique ou psychologique), de négligence, d’absence du parent et/ou d’opposition de l’enfant<a href="#_ftn8" id="_ftnref8">[8]</a>. Dans le cadre des procédures, l’enfant n’est d’ailleurs majoritairement pas écouté. Il ne l’est que de façon aléatoire, en fonction d’un âge qui varie selon les juridictions, et qui est rarement inférieur à 9 ans.&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La loi Santiago visant à «&nbsp;mieux protéger et accompagner les enfants victimes et co-victimes de violences intrafamiliales&nbsp;»<a href="#_ftn9" id="_ftnref9">[9]</a>, adoptée définitivement le 18 mars 2024, ne résout pas le problème, dans la mesure où elle incite les juges du tribunal pénal à prononcer davantage de retraits d’autorité parentale en cas de violence ou de maltraitance, mais où elle n’empêche aucunement un parent sanctionné de ressaisir un Juge aux Affaires Familiales afin de récupérer ses droits parentaux au civil passé un délai de six mois.</p>



<p><strong>PROPOSITION DE LOI</strong></p>



<p>***</p>



<p><strong>PROPOSITIONS CONCRÈTES</strong></p>



<p>Nous souhaiterions la tenue d’un «&nbsp;<strong>Grenelle&nbsp;de la Justice Familiale française&nbsp;</strong>» réunissant élu.e.s, chercheur.se.s, associations, professionnels du droit et de la petite enfance, afin d’examiner les propositions suivantes&nbsp;:</p>



<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1° La création de juridictions spécialisées</strong> permettant une réelle coordination entre les procédures pénales, les affaires familiales et la protection de l’enfance. Comme c’est déjà le cas en Espagne depuis 17 ans, et conformément à la proposition de loi déposée par le député républicain Aurélien Pradié le 19 octobre 2022<a href="#_ftn10" id="_ftnref10">[10]</a>.</p>



<p><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2° La création d’une « ordonnance de sûreté »</strong> pour les enfants qui dénoncent des faits de maltraitance de la part d’un de leur parent – conformément aux recommandations de la Ciivise et de l’association CDP-Enfance<a href="#_ftn11" id="_ftnref11">[11]</a>– qui permette de placer les enfants sous protection <em>dès le moment de leur audition</em> (et non à partir d’une éventuelle mise en examen), et qui ne fasse pas reposer sur l’éventuel «&nbsp;parent protecteur&nbsp;» la tâche de saisir le JAF pour réclamer une ordonnance de protection.</p>



<p><strong>3° Une réforme des articles du Code civil sur l’autorité parentale conjointe</strong>, et du <strong>fonctionnement de la Justice Familiale</strong>, comprenant notamment :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le remplacement de la notion d’« autorité parentale » par celle de « responsabilité parentale »</strong>, de façon à proportionner les droits d’un parent à sa capacité à assumer ses devoirs de façon effective, et à considérer enfin l’enfant comme un « sujet de droit », vulnérable, et non comme un objet de pouvoir – conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ratifiée par la France en 1989, et aux revendications de nombre d’associations comme le Collectif Enfantiste, Protéger l’enfant, OVEO, ou encore de l’ancien président de la Ciivise le juge Edouard Durand.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La transformation du « droit de visite et d’hébergement » en un « devoir de présence régulière »</strong> passible de <strong><em>sanctions civiles</em></strong> en cas de non-respect (contrairement à la proposition du député républicain Thibault Bazin, qui proposait pour sa part des sanctions pénales)<a id="_ftnref12" href="#_ftn12">[12]</a><strong>.</strong></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Un retrait plus durable et définitif de l’autorité parentale et du DVH</strong> – ainsi que de <strong>l’obligation alimentaire</strong> de l’enfant à l’égard de son parent – en cas de crime commis par un parent sur son enfant ou sur la personne de l’autre parent, ainsi que pour certains délits, et la mise sous protection des autres enfants de la fratrie.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’interdiction d’utiliser l’idée même « d’aliénation parentale » dans les tribunaux, les expertises ou les rapports de travailleurs sociaux </strong>pour justifier des décisions, telles qu’un placement ou un transfert de résidence brutal d’un enfant chez son présumé agresseur dans les cas d’allégations de violences sexuelles – conformément aux recommandations de plusieurs rapporteurs de l’ONU, qui n’ont toujours reçu aucune réponse du gouvernement français<a id="_ftnref13" href="#_ftn13">[13]</a><strong>.</strong></li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>L’obligation pour les policiers et les intervenants sociaux de se former et d’utiliser le protocole NICHD</strong>, afin que les Juges aux Affaires Familiales puissent tenir compte de la parole de l’enfant dans les décisions qui concernent les modalités de sa résidence. </li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Une formation spécifique pour les magistrat.e.s et futur.e.s magistrat.e.s </strong>qui leur permette de s’emparer des avancées scientifiques et des outils conceptuels nécessaires au repérage de toutes les formes de violences intrafamiliales<a id="_ftnref14" href="#_ftn14">[14]</a>.</li>
</ul>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> Le fait que les décisions de justice familiale en France contribuent à entretenir et à aggraver les inégalités de genre, mais également de race ou de classe, a été depuis longtemps mis en évidence par plusieurs chercheurs. Cf. Par exemple <em>Au tribunal des couples, Enquête sur les affaires familiales</em>, Collectif Onze, Odile Jacob, 2013, ou encore E.Biland-Curinier, <em>Gouverner la vie privée</em>, <em>L’encadrement inégalitaire des séparations conjugales en France et au Québec</em>, ENS Éditions, 2019.</p>



<p><a href="#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a> À l’heure actuelle, il faut pouvoir prouver qu’un parent s’est <em>volontairement</em> abstenu d’exercer son droit de visite pendant <strong><em>deux ans consécutifs</em></strong> pour qu’un juge aux affaires familiales puisse envisager de lui retirer l’autorité parentale.</p>



<p><a href="#_ftnref3" id="_ftn3">[3]</a> Cf. Article 227-5 du Code pénal.</p>



<p><a href="#_ftnref4" id="_ftn4">[4]</a> Cf. Article 227-3 du Code pénal.</p>



<p><a href="#_ftnref5" id="_ftn5">[5]</a> Cf. <a href="https://sante.gouv.fr/archives/archives-affaires-sociales/familles-enfance/droits-et-aides/article/l-agence-de-recouvrement-des-impayes-de-pensions-alimentaires-aripa">https://sante.gouv.fr/archives/archives-affaires-sociales/familles-enfance/droits-et-aides/article/l-agence-de-recouvrement-des-impayes-de-pensions-alimentaires-aripa</a></p>



<p><a href="#_ftnref6" id="_ftn6">[6]</a>Cf.<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000006136194/#LEGISCTA000006136194">https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000006136194/#LEGISCTA000006136194</a></p>



<p><a href="#_ftnref7" id="_ftn7">[7]</a> À l’heure actuelle, le montant moyen des pensions alimentaires ordonnées par la justice française est de 190 euros par mois et par enfant, ce qui est largement insuffisant au regard de ce que coûte réellement un enfant par mois.</p>



<p><a href="#_ftnref8" id="_ftn8">[8]</a> Rappelons que le tout premier article de la section 371 du Code civil est, encore aujourd’hui&nbsp;: «&nbsp;<em>L&rsquo;enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère.&nbsp;</em>» Ce qui en dit long sur la façon dont la loi actuelle <strong><em>nie</em></strong> le droit d’un enfant à s’exprimer et à dénoncer des violences de la part de ses parents.</p>



<p><a href="#_ftnref9" id="_ftn9">[9]</a> <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000047125367/">https://www.legifrance.gouv.fr/dossierlegislatif/JORFDOLE000047125367/</a></p>



<p><a href="#_ftnref10" id="_ftn10">[10]</a> <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/dossiers/alt/jur_spe_violences_intrafamil">https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/dossiers/alt/jur_spe_violences_intrafamil</a></p>



<p><a href="#_ftnref11" id="_ftn11">[11]</a> <a href="https://www.ciivise.fr/wp-content/uploads/2023/11/VERSION-DEF-SUR-LE-SITE-1611.pdf">https://www.ciivise.fr/wp-content/uploads/2023/11/VERSION-DEF-SUR-LE-SITE-1611.pdf</a>, p.35, Préconisation n°26.</p>



<p><a href="#_ftnref12" id="_ftn12">[12]</a> Lire à ce sujet notre tribune parue dans <em>Libération</em> le 11 mai 2024 <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/un-devoir-de-visite-pour-les-peres-mais-a-certaines-conditions-20240511_ICAXGSDOYJBBJD7OONAN6CIUJM/">https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/un-devoir-de-visite-pour-les-peres-mais-a-certaines-conditions-20240511_ICAXGSDOYJBBJD7OONAN6CIUJM/</a></p>



<p><a href="#_ftnref13" id="_ftn13">[13]</a><a href="https://documents.un.org/doc/undoc/gen/g23/070/19/pdf/g2307019.pdf?token=Yf2DAsYE4mGkXnAgRE&amp;fe=true">https://documents.un.org/doc/undoc/gen/g23/070/19/pdf/g2307019.pdf?token=Yf2DAsYE4mGkXnAgRE&amp;fe=true</a></p>



<p><a href="#_ftnref14" id="_ftn14">[14]</a> Par exemple, la notion de «&nbsp;contrôle coercitif&nbsp;» théorisée par les chercheurs Evan Stark et Andreea Gruev-Vintila et récemment utilisée par la présidente de la Cour d’appel de Poitiers, Gwenola Joly-Coz, qui permet d’objectiver le caractère complexe des violences conjugales et intrafamiliales.</p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/proposition-de-grenelle-et-de-reforme-de-la-justice-aux-affaires-familiales-2024/">Proposition de Grenelle et de réforme de la justice aux affaires familiales (2024)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Proposition de loi pour la création d’un statut de parent isolé (2023)</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/proposition-de-loi-pour-la-creation-dun-statut-de-parent-isole-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Collective]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jan 2025 15:21:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.collectivemeresisolees.fr/?p=695</guid>

					<description><![CDATA[<p>PROPOSITION DE LOI DE LA COLLECTIVE DES MERES ISOLEES Visant à créer un statut de parent isolé et à lui attacher des droits spécifiques EXPOSÉ DES MOTIFS Mesdames, Messieurs, &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Aujourd’hui en France, une famille sur quatre est monoparentale – ce qui représente, en nombre absolu, 2 millions de foyers[1]. Ce chiffre est en augmentation...</p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/proposition-de-loi-pour-la-creation-dun-statut-de-parent-isole-2023/">Proposition de loi pour la création d’un statut de parent isolé (2023)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>PROPOSITION DE LOI DE LA COLLECTIVE DES MERES ISOLEES</strong></p>



<p><strong><em>Visant à créer un statut de parent isolé et à lui attacher des droits spécifiques</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-853" srcset="https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-1024x768.jpg 1024w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-300x225.jpg 300w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-768x576.jpg 768w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-1536x1151.jpg 1536w, https://www.collectivemeresisolees.fr/wp-content/uploads/2025/01/proposition_de_loi_blanc-2048x1535.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><strong>EXPOSÉ DES MOTIFS</strong></p>



<p>Mesdames, Messieurs,</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aujourd’hui en France, une famille sur quatre est monoparentale – ce qui représente, en nombre absolu, 2 millions de foyers<a href="#_ftn1" id="_ftnref1">[1]</a>. Ce chiffre est en augmentation constante depuis plusieurs décennies, et voué à augmenter encore<a href="#_ftn2" id="_ftnref2">[2]</a>. Les familles monoparentales sont de fait les plus touchées par la précarité, et les parents isolés subissent de nombreuses discriminations dans plusieurs domaines.</p>



<p>• <strong>Un enjeu économique et social majeur pour lutter contre la précarité</strong></p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour commencer, nulle part ailleurs que dans la déclaration d’impôts il n’est tenu compte, aujourd’hui en France, de la spécificité de la situation des parents isolés. Le seul avantage dont bénéficient les parents isolés est une majoration de parts (une demi-part en plus) dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Revenu incluant d’ailleurs pour le parent gardien l’éventuelle Contribution à l’Entretien et l’Éducation de l’Enfant – improprement appelée «&nbsp;pension alimentaire&nbsp;» – qui se trouve donc taxée par l’État, tandis que le parent non-gardien qui verse la pension obtient à l’inverse une déduction fiscale au titre de la pension versée.</p>



<p>Par ailleurs, sont aujourd’hui considérées comme «&nbsp;parent isolé&nbsp;» uniquement les personnes «&nbsp;vivant seules avec un ou des enfant.s à charge&nbsp;» au 31 décembre de l’année concernée. À ce titre, si un parent isolé ayant retrouvé un.e conjoint.e décide de vivre en concubinage, il perd automatiquement son avantage fiscal. Comme s’il revenait au «&nbsp;beau-parent&nbsp;» d’assumer financièrement la charge d’un enfant qui n’est pas le sien, sur lequel il n’exerce pas d’autorité parentale et envers lequel il n’a légalement ni droits ni devoirs<a href="#_ftn3" id="_ftnref3">[3]</a>. C’est pourquoi nous proposons de <strong>substituer à la définition actuelle la définition suivante&nbsp;: «&nbsp;Est considérée comme parent isolé toute personne ayant la charge principale ou exclusive d’un ou plusieurs enfants&nbsp;»<a href="#_ftn4" id="_ftnref4"><strong>[4]</strong></a></strong>.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, le fait que la spécificité de la situation des parents isolés ne soit prise en compte dans aucun autre domaine que le domaine fiscal contribue à créer une iniquité qui a des conséquences désastreuses sur les conditions de vie des familles monoparentales. C’est pourquoi nous réclamons <strong>la création d’un «&nbsp;statut&nbsp;» de parent isolé donnant accès à un certain nombre de droits spécifiques</strong>, ce afin de tenir compte de la particularité de la situation de ces familles dans d’autres domaines que celui de l’administration fiscale.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>1°</strong> À l’heure actuelle, une femme accouchant seule d’un enfant bénéficie du même nombre de semaines de congé maternité qu’une femme vivant en couple. À l’heure où vient d’être votée la prolongation de la durée du congé paternité (28 jours depuis le 1<sup>er</sup> juillet 2021, dont une semaine obligatoire), ce dans le but de permettre aux hommes de s’investir davantage dans la parentalité et de lutter contre les inégalités femmes-hommes, il semblerait tout aussi essentiel d’accorder aux femmes assumant seule la charge d’accueillir un nouvel enfant <strong>a minima 6 semaines de congé maternité supplémentaires<a href="#_ftn5" id="_ftnref5"><strong>[5]</strong></a></strong>.</p>



<p><strong>2°</strong> Les familles monoparentales sont les plus touchées par la précarité. Selon une étude menée par le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge en 2021, 29,2% se trouvent en situation de privation matérielle et sociale – au sens où elles sont concernées par au moins cinq privations parmi une liste de treize relatives à l’alimentation, l’habillement, le logement, les loisirs ou la vie sociale – contre 13% pour l’ensemble de la population<a href="#_ftn6" id="_ftnref6">[6]</a>. Le niveau de vie des foyers monoparentaux est de 28% inférieur à celui des couples selon une enquête de l’INSEE datant de 2016<a href="#_ftn7" id="_ftnref7">[7]</a>. Le rapport de l’ONPES établit ainsi que 55% des familles monoparentales sont pauvres et que, pour 40% d’entre elles, elles disposent de moyens insuffisants pour vivre décemment<a href="#_ftn8" id="_ftnref8">[8]</a>. Enfin, un rapport de l’INSEE datant de 2021 chiffre à 41% le nombre d’enfants de parents isolés vivant en dessous du seuil de pauvreté<a href="#_ftn9" id="_ftnref9">[9]</a>. Une première mesure pour lutter contre la précarité des familles monoparentales pourrait consister à verser <strong>une Allocation familiale dès l’arrivée du premier enfant</strong>.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>3°</strong> À l’heure actuelle, le CMG (Complément de libre choix du Mode de Garde) est une aide versée par la CAF à tous les parents qui ont besoin d’inscrire leur enfant dans une structure d’Accueil Collectif de Mineurs ou d’employer un.e assistant.e maternel.le. Cependant, cette aide cesse automatiquement à compter des 6 ans de l’enfant. Ce système pénalise non seulement l’ensemble des familles de France, puisque chacun sait qu’un enfant n’est pas encore autonome à 6 ans, et qu’il a besoin d’un adulte pour l’emmener, aller le chercher à l’école, et s’occuper de lui à la maison. Mais il pénalise à fortiori les parents isolés qui se retrouvent, à compter des 6 ans de l’enfant, à devoir choisir entre dépenser une part considérable de leur revenu pour pouvoir faire garder leur enfant et continuer à travailler comme avant, ou bien ralentir ou tout simplement cesser toute activité professionnelle faute de moyens pour faire garder leur enfant. Pour rappel, dans un tiers des familles monoparentales, le parent avec lequel résident le ou les enfants est sans emploi&nbsp;; 42% des mères isolées travaillent à temps partiel subi, 32% en horaires de travail changeants, et 20% d’entre elles sont en CDD ou en contrats courts<a href="#_ftn10" id="_ftnref10">[10]</a>. C’est pourquoi il semblerait là aussi relever du bon sens <strong>que le CMG soit prolongé jusqu’aux 12 ans de l’enfant pour les familles monoparentales<a href="#_ftn11" id="_ftnref11"><strong>[11]</strong></a></strong>.</p>



<p><strong>4°</strong> À l’heure actuelle, le statut de parent isolé est loin d’être systématiquement pris en compte dans les critères d’attribution des places en crèche<a href="#_ftn12" id="_ftnref12">[12]</a>. Par ailleurs, les commissions d’attribution se basent la plupart du temps sur un Quotient Familial qui, au même titre que celui retenu par la CAF pour le CMG ou l’attribution des bons VACAF, est calculé sur la base du référentiel n-2, et non pas du revenu actuel du foyer<a href="#_ftn13" id="_ftnref13">[13]</a>. Enfin, il n’existe aucune directive nationale enjoignant les municipalités à tenir compte de la spécificité de la situation des familles monoparentales dans la facturation des prestations à l’enfance – cantine, périscolaire. Ce qui place les foyers monoparentaux dans une situation d’iniquité par rapport aux couples non mariés qui, en dépit du fait qu’ils ont deux revenus, ne présentent qu’une seule fiche d’imposition auprès des services de la ville qui calculent le montant des prestations à l’enfance. Il paraîtrait donc relever de la justice sociale la plus élémentaire que les parents isolés obtiennent <strong>des points supplémentaires dans l’attribution des places en crèche&nbsp;</strong>; <strong>que le Quotient Familial soit calculé sur la base du revenu des trois derniers mois et non pas du référentiel n-2&nbsp;; enfin, qu’il leur soit accordé une demi-part en plus s’agissant de la facturation</strong> <strong>des prestations à l’enfance – cantine, périscolaire<a href="#_ftn14" id="_ftnref14"><strong>[14]</strong></a></strong>.</p>



<p><strong>5°</strong> Près d’un million de parents touchent aujourd’hui une Contribution financière à l’Entretien et l’Éducation de l’Enfant (improprement appelée «&nbsp;pension alimentaire&nbsp;»)<a href="#_ftn15" id="_ftnref15">[15]</a>. Le montant moyen de cette contribution est de 170 euros mensuels par enfant, ce qui est largement insuffisant au regard de ce que coûte l’entretien d’un enfant.</p>



<p>Une étude de la DREES publiée en 2016 évalue à 9000 euros par an le coût moyen d’un enfant (7500 euros pour un enfant de moins de 14 ans et 12500 euros pour un enfant de 15 à 20 ans)<a href="#_ftn16" id="_ftnref16">[16]</a>. Ce qui représente à minima un coût mensuel de 625 euros par mois. Le caractère extrêmement bas de cette contribution s’explique entre autres par le fait qu’à l’heure actuelle, le montant de la pension est calculé uniquement en fonction du revenu du parent non-gardien (dans 83% des cas le père) et non des besoins de l’enfant<a href="#_ftn17" id="_ftnref17">[17]</a>. Ce qui fait inévitablement peser sur le parent gardien la charge de devoir compenser comme il le peut ce manque à gagner, et place nombre de familles monoparentales dans des situations de précarité inextricables.</p>



<p>D’autre part, 30% à 40% de ces contributions demeurent de fait impayées<a href="#_ftn18" id="_ftnref18">[18]</a>. Il existe, depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2017, une Agence de Recouvrement et d’Intermédiation des Pensions Alimentaires, mais les démarches sont tellement longues et chronophages que la plupart des parents isolés renoncent à y recourir. Certes, depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2023, ce service d’intermédiation est en principe mis en place systématiquement pour tous les parents séparés bénéficiant d’un jugement officiel. Cependant, loin de garantir le recouvrement du montant de la contribution fixée par le Juge aux Affaires Familiales, en cas de non-paiement l’ARIPA se contente de verser au parent créancier le montant de l’Allocation de Soutien Familial, soit 184,41 euros par enfant (voir plus bas).</p>



<p>Enfin, le parent gardien est tenu par l’administration fiscale de déclarer le montant annuel de cette contribution, qui s’ajoute donc à ses revenus imposables. Tandis que le parent non-gardien obtient de son côté au titre du montant annuel versé une déduction fiscale. Il s’agit là d’une dissymétrie aberrante qui laisse entendre que le montant versé par le parent non-gardien pour l’entretien de l’enfant serait une «&nbsp;faveur&nbsp;» accordée au parent en charge de l’enfant, et non un devoir légal qui devrait tout simplement relever des obligations élémentaires à l’égard de son enfant.</p>



<p>Par ailleurs, une famille monoparentale qui ne touche pas de Contribution ou bien une contribution inférieure à 184,41 euros par mois a droit à une Allocation de Soutien Familial de 184,41 euros par mois depuis le 1<sup>er</sup> novembre 2022 ou bien à un complément égal à la différence entre ces 184,41 euros et le montant de la contribution versée. Cependant, ne peuvent prétendre à cette Allocation de Soutien Familial que les parents ayant obtenu un jugement officiel auprès du Juge aux Affaires Familiales – ce qui est loin d’être le cas de tous les parents isolés.</p>



<p>En effet, au-delà de quatre mois de versement, les bénéficiaires doivent engager une action en justice ou à l’amiable pour se voir verser une pension alimentaire. Or, cette condition dissuade souvent les parents éligibles qui ne souhaitent pas reprendre contact ou entrer en litige avec leur ancien conjoint, a fortiori dans les cas de violences conjugales ou intrafamiliales. Il en résulte un taux de non-recours volontaire élevé<a href="#_ftn19" id="_ftnref19">[19]</a>.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, cette Allocation de Soutien Familial ne fait d’une part pas partie des revenus à déclarer pour le parent bénéficiaire. Ce qui instaure une iniquité entre les parents bénéficiaires de l’ASF et ceux qui sont bénéficiaires d’une CEEE d’un montant équivalent, et qui sont pour leur part obligés de déclarer ce revenu aux impôts. D’autre part, l’ASF fait partie des revenus pris en compte dans la «&nbsp;base ressources&nbsp;» qui sert au calcul des aides sociales, sauf pour certaines aides – APL, prestations familiales&nbsp;; tandis que la CEEE compte dans la «&nbsp;base ressources&nbsp;» pour l’attribution de toutes les aides sociales – APL, prestations familiales, RSA et prime d’activité. Ce qui, là aussi, instaure une iniquité majeure entre les parents les plus précaires, et produit également un phénomène de «&nbsp;vase communicant&nbsp;» qui fait que, pour 1 euro de pension alimentaire supplémentaire, un parent voit par exemple sa prime d’activité diminuer d’autant, se retrouvant ainsi face à un «&nbsp;plafond de verre&nbsp;» qui l’empêche d’augmenter son niveau de vie…</p>



<p>Il semblerait donc nécessaire de <strong>modifier le mode de calcul de la Contribution à l’Entretien et l’Éducation de l’Enfant</strong> <strong>en tenant compte des besoins effectifs de l’enfant et du revenu des deux parents</strong> – et non pas seulement du revenu du parent non-gardien.</p>



<p>Il est pareillement indispensable que<strong> cette contribution soit défiscalisée</strong> <strong>pour le parent gardien&nbsp;</strong>; <strong>que l’ASF soit indexée sur l’indice d’inflation, et versée à toutes les familles monoparentales ne touchant aucune contribution ou une contribution insuffisante et irrégulière de la part du parent non-gardien, que celles-ci soient passées ou non devant un Juge aux Affaires Familiales</strong></p>



<p><strong>Il est également demandé que l’ASF et la CEEE soient toutes deux exclues de la «&nbsp;base ressource&nbsp;»</strong> pour le calcul des aides sociales&nbsp;; enfin, de même que l’impôt sur le revenu est prélevé à la source depuis le 1<sup>er</sup> janvier 2019, il semblerait relever du bon sens <strong>que la CEEE soit</strong> elle aussi <strong>prélevée automatiquement</strong>, de façon à lutter plus efficacement contre les impayés sans avoir besoin de recourir à l’ARIPA.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>6°</strong> Les familles monoparentales sont surreprésentées dans les hébergements d’urgence, et 21% d’entre elles sont touchées par le mal-logement. 39% d’entre elles sont locataires d’un logement du secteur social (parc d’Habitation à Loyer Modéré ou autres) ou soumis à la loi de 1948, contre respectivement 14% des familles traditionnelles. Elles sont beaucoup moins souvent propriétaires de leur logement que les couples avec enfants&nbsp;: 12% sont propriétaires non accédants et 20% sont accédants à la propriété, contre respectivement 21% et 48% des familles traditionnelles. Les familles monoparentales sont également surreprésentées parmi les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Selon une enquête du Défenseur des droits sur l’accès aux droits, une famille monoparentale est en outre deux fois plus exposée à la discrimination dans la recherche d’un logement qu’une famille biparentale<a href="#_ftn20" id="_ftnref20">[20]</a>. Il semblerait donc souhaitable <strong>que le statut de famille monoparentale soit pris en compte dans les critères d’attribution des logements sociaux, et que les parents isolés puissent bénéficier d’une majoration des prêts à taux zéro</strong> pour leur permettre d’acquérir plus facilement un logement.</p>



<p><strong>7°</strong> En 2015, la DREES dénombrait 35% de familles monoparentales vivant sous le seuil de pauvreté, sans compter l’inflation constante du coût de la vie de 2015 à 2022 que souligne l’étude de l’IRES, ni l’inflation post-crise sanitaire de 6% qui se surajoute à la hausse constante du coût de la vie. La DREES estimait alors que la case «&nbsp;loisir&nbsp;» du budget était quasi inexistante, voire nulle, pour les familles monoparentales<a href="#_ftn21" id="_ftnref21">[21]</a> – sans compter là encore l’explosion du coût des loisirs que souligne l’étude de l’IRES de 2022 sur les budgets. Le prix des hébergements de vacances a subi une augmentation de 33,6%, les produits de culture de&nbsp; 10,5%, et le budget total loisir a augmenté de 26,9% à 30,4% selon les dépenses des foyers<a href="#_ftn22" id="_ftnref22">[22]</a>. À cela s’ajoute l’augmentation du coût des transports, la hausse du coût d’usage et d’entretien d’une voiture étant estimée à 17,7% en 2022 selon les chiffres de l’IRES. Si l’on ajoute à cela la hausse de 38,5% du prix du carburant, on se doute que nombre de parents isolés dépendent des transports en commun et du réseau SNCF pour leurs déplacements.</p>



<p>Or, de même qu’il existe en France depuis 1921 une «&nbsp;carte famille nombreuse&nbsp;» donnant droit à des réductions aux familles de 3 enfants ou plus, il semblerait équitable qu’il existe <strong>un statut spécifique donnant droit à des réductions dans le domaine des transports, des loisirs, des pratiques sportives et de la culture aux familles monoparentales</strong>.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>8°</strong> À l’heure actuelle, un parent isolé n’a pas droit dans le domaine du travail à davantage de «&nbsp;jours de congés pour enfant malade&nbsp;» qu’un parent vivant en couple. Là aussi, il semblerait relever du bon sens qu’un parent isolé bénéficie d’un <strong>doublement du nombre de jours de congés pour enfant malade</strong>, dans le secteur public comme dans le secteur privé.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>9°</strong> Il n’y a à ce jour aucune prise en compte de la spécificité de la situation des parents isolés dans le calcul des droits à la retraite, a fortiori dans le projet de réforme des retraites engagé par le gouvernement d’Elisabeth Borne. Pourtant, on sait (voir les chiffres cités au paragraphe 3°) à quel point la monoparentalité a une incidence sur la carrière d’un parent isolé – temps partiels subi, carrières hachées.</p>



<p>Il n’existe aucune étude spécifique quant au montant moyen des pensions des retraités ayant connu des phases de monoparentalité, mais on se doute que, pour beaucoup d’entre eux, il sera difficile d’atteindre les 43 annuités de cotisation proposées par le gouvernement pour toucher une retraite à taux plein, et que les phases de diminution de leur activité professionnelle auront des conséquences sur le montant de leur pension.</p>



<p>Il semblerait donc juste d’octroyer aux travailleurs et travailleuses ayant vu leur carrière professionnelle affectée par leur situation de monoparentalité <strong>des trimestres supplémentaires</strong>, ainsi qu’<strong>une majoration du montant de leur pension supérieure au bonus de 5% par enfant proposé dans le projet de réforme actuel<a href="#_ftn23" id="_ftnref23"><strong>[23]</strong></a></strong>.</p>



<p><strong>10°</strong> Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de tarif spécifique garantissant aux parents isolés les moyens d’avoir une couverture mutuelle leur permettant de se soigner correctement en cas de maladie. Cette situation est d’autant plus dommageable que plusieurs études menées à l’échelle internationale montrent que le stress dû aux contraintes et à la fatigue inhérentes à la monoparentalité augmente considérablement le risque de maladies cardio-vasculaires, de pathologies chroniques, de troubles de la santé mentale et parfois même de décès prématurés<a href="#_ftn24" id="_ftnref24">[24]</a>.</p>



<p>Par ailleurs, il n’existe aucun dispositif spécifique pour accompagner les parents isolés se trouvant provisoirement ou durablement malades ou en situation de handicap, et n’étant plus en capacité de s’occuper au quotidien de leur.s enfant.s. De la même façon, les aides accordées aujourd’hui aux parents isolés d’enfants porteurs de longue maladie ou de handicap sont largement insuffisantes, et nulle part il n’est tenu compte de la spécificité de leur situation dans l’accès aux soins ou aux structures d’accueil<a href="#_ftn25" id="_ftnref25">[25]</a>.</p>



<p>Il paraîtrait donc indispensable <strong>que les parents isolés puissent bénéficier de tarifs préférentiels s’agissant des couvertures mutuelles&nbsp;; d’une aide gratuite en cas de maladie, de handicap ou de soins réguliers dus à une Affection Longue Durée&nbsp;; enfin d’une aide spécifique lorsque leur enfant est lui-même porteur d’une maladie ou d’un handicap</strong>.</p>



<p>• <strong>Un point aveugle dans la lutte contre les inégalités femmes-hommes</strong></p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les femmes représentent 83% des parents en situation de monoparentalité, et sont en charge de 84% des mineurs vivant dans une famille monoparentale<a href="#_ftn26" id="_ftnref26">[26]</a>. Ce qui représentait, en 2020, 1,6&nbsp;million de femmes<a href="#_ftn27" id="_ftnref27">[27]</a>. Par ailleurs, elles sont les plus touchées par la précarité&nbsp;; une étude de 2021 montre que le niveau de vie moyen des mères isolées est inférieur de 20% à celui des pères isolés<a href="#_ftn28" id="_ftnref28">[28]</a>. Ces chiffres n’ont rien d’étonnant, si l’on tient compte d’une part des inégalités persistantes quant à la répartition des tâches au sein du couple à l’arrivée d’un enfant. En ce sens, une séparation ne fait que révéler et exacerber une inégalité déjà présente au sein de la famille entre les femmes et les hommes. En effet, selon l’INSEE, «&nbsp;l’arrivée d’un enfant n’a quasiment aucun impact sur les hommes, hormis les mieux rémunérés d’entre eux qui augmentent leur activité&nbsp;»<a href="#_ftn29" id="_ftnref29">[29]</a>. Seuls 12% des pères modifient leur temps d’activité au-delà de leur congé paternité, contre une femme sur deux<a href="#_ftn30" id="_ftnref30">[30]</a>.</p>



<p>À l’inverse, les femmes réduisent leur activité ou l’interrompent, parfois définitivement, ce qui aboutit à une diminution moyenne de leur revenu salarial de 20% cinq ans après l’arrivée d’un enfant. Diminution qui, comme le montrent les chiffres évoqués plus haut, ne fait que s’accentuer dès lors qu’une femme se retrouve seule avec son ou ses enfants. D’autre part, une étude menée par le Sénat montre qu’une femme sur trois ou quatre se trouverait au moins une fois dans sa vie en situation d’élever seule son ou ses enfants<a href="#_ftn31" id="_ftnref31">[31]</a>.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Alors qu’il existe en France depuis 1981 un ministère chargé de l’égalité femmes-hommes, et à l’heure où s’est tenue, le 31 janvier 2022, une conférence ministérielle présentant «&nbsp;l’autonomisation économique des femmes&nbsp;» comme «&nbsp;la clé de l’égalité réelle entre les femmes et les hommes&nbsp;»<a href="#_ftn32" id="_ftnref32">[32]</a>, il serait grand temps que le gouvernement s’empare de la question de la situation des mères isolées s’il veut demeurer crédible dans sa volonté de lutter contre les inégalités femmes-hommes.</p>



<p>• <strong>Un enjeu dans la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales</strong></p>



<p>80% des femmes victimes de violences conjugales sont des mères, comme l’a révélé une étude menée par le ministère de l’Intérieur en 2018 sur les morts violentes au sein du couple<a href="#_ftn33" id="_ftnref33">[33]</a>. Lorsqu’on aborde le sujet des violences conjugales, la question qui revient souvent est la suivante&nbsp;: pourquoi les femmes ne vont-elles pas porter plainte, pourquoi restent-elles avec un conjoint violent, pourquoi ne partent-elles pas au premier signe alarmant… ? La réponse reste complexe, mais sans doute une partie du problème vient du fait que, la plupart du temps, une femme n’a tout simplement pas les moyens socio-économiques de partir du jour au lendemain avec son ou ses enfants sous le bras, de peur de se retrouver à la rue et sans ressources pour élever ses enfants.</p>



<p>À l’heure où s’est tenu, en 2019, un Grenelle des violences conjugales, et où le ministre de la justice actuel, M. Dupond-Moretti, prétend faire de la lutte contre les violences conjugales une priorité dans sa réforme de la justice, il semblerait relever du bon sens de commencer par prendre les mesures nécessaires pour donner aux mères et aux enfants victimes de violences conjugales les moyens de partir, de se défaire de l’emprise du conjoint violent, et d’envisager la vie de famille monoparentale comme un mode de vie décent, et non comme une chute inévitable dans la précarité.</p>



<p>La question féministe est, avant tout, une question sociale. Il ne sert à rien de parler d’émancipation des femmes, de lutter pour les droits des femmes, et de combattre les violences conjugales et intrafamiliales si l’on ne donne pas pour commencer aux femmes les moyens économiques d’assurer leur protection et leur indépendance, et celle de leurs enfants.</p>



<p>• <strong>Une question d’égalité des chances pour 4 millions d’enfants</strong></p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, derrière toutes les difficultés rencontrées par les parents isolés, ce sont 4 millions d’enfants<a href="#_ftn34" id="_ftnref34">[34]</a> qui grandissent en n’ayant pas les mêmes chances que les autres. En effet, sur ces 4 millions d’enfants, un peu plus d’un sur trois grandit avec un parent sans emploi, ce qui induit un fort risque de pauvreté<a href="#_ftn35" id="_ftnref35">[35]</a>. De fait, alors que 20,7% des enfants de France vivent en dessous du seuil de pauvreté, ce taux atteint 41% dans les familles monoparentales<a href="#_ftn36" id="_ftnref36">[36]</a>. Par ailleurs, l’étude menée par la DREES en 2015<a href="#_ftn37" id="_ftnref37">[37]</a> montre à quel point le budget dont disposent les familles monoparentales s’agissant du logement, de l’alimentation, ou encore des transports et des loisirs est inférieur à celui des familles traditionnelles.</p>



<p>Enfin, ce sont 4 millions d’enfants qui vivent avec un parent qui, comme le montrent les chiffres évoqués au paragraphe 10°, présente plus de chances que les autres d’avoir des problèmes de santé, sans parler du risque de «&nbsp;<em>burnout</em> parental&nbsp;», encore largement tabou dans la société.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il existe très peu d’études concernant les répercussions effectives qu’a à l’heure actuelle sur les enfants le fait d’être élevés dans une famille monoparentale. Cependant, une étude menée en 2019 par l’institut Thomas More montre que, sur le plan scolaire, selon le ministère de l’Éducation nationale, l’écart entre les familles monoparentales et les familles traditionnelles se creuse dès le primaire. En effet, 25% des enfants de familles monoparentales ont redoublé au moins une fois en primaire, contre 14% de ceux des familles traditionnelles. Mais c’est surtout dans le secondaire que les différences s’accentuent&nbsp;: seuls 42% des enfants de familles monoparentales atteignent la seconde sans redoublement, contre 62% dans les familles traditionnelles<a href="#_ftn38" id="_ftnref38">[38]</a>.</p>



<p>Sans parler de la grande proportion d’enfants de familles monoparentales ayant subi des traumatismes liés à des violences conjugales et intrafamiliales<a href="#_ftn39" id="_ftnref39">[39]</a>, qui grandissent parfois avec des séquelles psycho-traumatiques extrêmement lourdes pour lesquelles le parent gardien n’a pas toujours les moyens d’assumer financièrement une prise en charge pourtant nécessaire.</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ce qui ne signifie pas qu’être élevé dans une famille monoparentale soit un mal en soi pour un enfant&nbsp;; simplement il demeure choquant qu’en France – septième puissance économique mondiale – au XXIe siècle, les difficultés rencontrées par les parents isolés soient à ce point ignorées et invisibilisées, et qu’elles se répercutent sur un aussi grand nombre d’enfants, ce dans l’indifférence généralisée des pouvoirs publics et des institutions. Car, qu’est-ce qu’une nation qui ne prend pas soin de 4 millions de ses enfants ? C’est une nation qui compromet gravement son avenir.</p>



<p><strong>&nbsp;</strong></p>



<p><strong>PROPOSITION DE LOI</strong></p>



<p><strong>Article 1</strong></p>



<p>Au titre Ier du livre Ier du code de l’action sociale et des familles, il est inséré après le chapitre II un nouveau chapitre ainsi rédigé&nbsp;:</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;<strong>Chapitre II bis Parents isolés</strong></p>



<p>Est considérée comme parent isolé toute personne ayant la charge principale ou exclusive d’un ou plusieurs enfants.&nbsp;»</p>



<p>Afin d’aider les parents isolés, il leur est accordé des <strong>droits spécifiques</strong> et notamment&nbsp;:</p>



<p><strong>1°</strong> <strong>6 semaines de congé maternité ou paternité supplémentaires</strong></p>



<p><strong>2°</strong> Le versement d’une <strong>Allocation familiale dès l’arrivée du premier enfant</strong></p>



<p><strong>3°</strong> La <strong>prolongation du Complément libre choix du Mode de Garde jusqu’aux 12 ans</strong> de l’enfant</p>



<p><strong>4°</strong> La <strong>prise en compte du statut de parent isolé par les municipalités</strong> dans l’attribution des places en crèche et dans le calcul du Quotient familial pour la facturation des prestations à l’enfance</p>



<p><strong>5°</strong> Une <strong>Contribution à l’Entretien et l’Éducation de l’Enfant calculée en fonction des besoins de l’enfant et du revenu des deux parents, défiscalisée, et prélevée automatiquement&nbsp;</strong>; à défaut, une <strong>Allocation de Soutien Familial sans conditions de jugement et indexée sur l’indice d’inflation</strong>. Que ces deux revenus soient <strong>exclus de la «&nbsp;base ressource&nbsp;»</strong> pour les parents éligibles aux aides sociales</p>



<p><strong>6°</strong> La prise en compte du statut de parent isolé dans <strong>l’attribution des logements sociaux et une majoration des prêts à taux zéro</strong></p>



<p><strong>7°</strong> Une <strong>carte de réduction</strong> dans le domaine des transports, des loisirs, des pratiques sportives et de la culture</p>



<p><strong>8°</strong> Le <strong>doublement du nombre de jours de congés rémunérés pour enfant malade</strong></p>



<p><strong>9°</strong> Des <strong>trimestres supplémentaires</strong> et une <strong>majoration du montant de la pension de retraite</strong></p>



<p><strong>10°</strong> Des <strong>tarifs préférentiels</strong> permettant l’accès aux couvertures mutuelles de santé, <strong>une aide gratuite en cas de maladie, handicap ou soins réguliers dus à une Affection Longue Durée</strong>, enfin une <strong>aide spécifique pour les parents isolés d’enfants malades ou porteurs de handicap</strong>.</p>



<p><strong>Article 2</strong></p>



<p>I. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I<sup>er</sup> du livre III du code des impositions sur les biens et services. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>II. – La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I<sup>er</sup> du livre III du code des impositions sur les biens et services.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p><a href="#_ftnref1" id="_ftn1">[1]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681">https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</a></p>



<p><a href="#_ftnref2" id="_ftn2">[2]</a> En 2015, un rapport de la DREES chiffrait à 5% de plus qu’en 2010 le nombre de familles monoparentales, soit 20% des familles. Cf. Rapport de la DREES publié par le Ministère de la Santé et des Solidarités, n°62, 2016. En 2021, ce chiffre atteint 25%.</p>



<p><a href="#_ftnref3" id="_ftn3">[3]</a> Selon la législation française, le beau-parent n’a en principe aucun droit ni aucun devoir envers l’enfant de son conjoint ou de la personne avec laquelle il vit.</p>



<p>(<a href="https://www.senat.fr/lc/lc196/lc1960.html#:~:text=En%20France%2C%20le%20beau%2Dparent,personne%20avec%20laquelle%20il%20vit">https://www.senat.fr/lc/lc196/lc1960.html#:~:text=En%20France%2C%20le%20beau%2Dparent,personne%20avec%20laquelle%20il%20vit</a>). Il paraîtrait donc légitime <strong>que les aides accordées aux parents isolés soient totalement indépendantes de leur nouveau statut marital</strong>, et ne cessent pas du jour au lendemain s’ils se remettent en couple, comme c’est hélas le cas aujourd’hui.</p>



<p><a href="#_ftnref4" id="_ftn4">[4]</a> S’agissant des parents dont les enfants sont en garde alternée – ce qui représente, en 2021, 12% des enfants de parents séparés (<a href="https://www.justice-familiale.fr/residence-alternee/chiffres/">https://www.justice-familiale.fr/residence-alternee/chiffres/</a>) – il paraîtrait logique qu’ils puissent chacun bénéficier des droits susmentionnés à proportion du temps passé seul avec l’enfant (comme c’est déjà le cas à l’heure actuelle pour la déclaration d’impôts, les parents ayant un enfant en résidence alternée bénéficiant chacun d’un quart de part supplémentaire par enfant au lieu d’une demi-part).</p>



<p><a href="#_ftnref5" id="_ftn5">[5]</a> C’est désormais le cas en Espagne, où la justice vient d’accorder aux mères célibataires le droit de cumuler un congé maternité et un congé paternité. Cf. <a href="https://www.neonmag.fr/en-espagne-une-mere-celibataire-va-pouvoir-cumuler-un-conge-maternite-et-paternite-une-premiere-560206.html">https://www.neonmag.fr/en-espagne-une-mere-celibataire-va-pouvoir-cumuler-un-conge-maternite-et-paternite-une-premiere-560206.html</a></p>



<p><a href="#_ftnref6" id="_ftn6">[6]</a> Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Panorama des Familles d’aujourd’hui, 28 septembre 2021, p.80</p>



<p><a href="#_ftnref7" id="_ftn7">[7]</a> Rapport de la DREES publié par le Ministère de la Santé et des Solidarités, n°62, 2016</p>



<p><a href="#_ftnref8" id="_ftn8">[8]</a> Étude publiée par l’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale en 2014-2015 (<a href="https://onpes.gouv.fr/IMG/pdf/WEB_Rapport_2014_2015.pdf">https://onpes.gouv.fr/IMG/pdf/WEB_Rapport_2014_2015.pdf</a>)</p>



<p><a href="#_ftnref9" id="_ftn9">[9]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681">https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</a></p>



<p><a href="#_ftnref10" id="_ftn10">[10]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681">https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</a></p>



<p><a href="#_ftnref11" id="_ftn11">[11]</a> Cette mesure faisait partie des mesures figurant dans le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale de 2023, mais force est de constater qu’elle tarde à entrer en vigueur et qu’aucun décret d’application n’a été validé à ce jour. Cf. <a href="https://www.parent-solo.fr/article-1764-allongement-de-aide-la-garde-enfant-12-ans-est-pas-pour-demain.html">https://www.parent-solo.fr/article-1764-allongement-de-aide-la-garde-enfant-12-ans-est-pas-pour-demain.html</a></p>



<p><a href="#_ftnref12" id="_ftn12">[12]</a> Il existe de fait en France une grande disparité territoriale quant au mode de calcul des points pour l’attribution des places en crèche. Certaines municipalités tiennent compte du fait que le parent vit seul avec l’enfant, mais ce critère n’induit pas pour autant l’attribution de points supplémentaires, et peut même s’avérer pénalisant&nbsp;! C’est le cas notamment à Marseille, où le fait d’être parent isolé rapporte moitié moins de points que le fait d’être en couple. Cf. <a href="https://www.marseille.fr/sites/default/files/contenu/education/PDF/creches-tableau_nouveaux_criteres.pdf">https://www.marseille.fr/sites/default/files/contenu/education/PDF/creches-tableau_nouveaux_criteres.pdf</a></p>



<p><a href="#_ftnref13" id="_ftn13">[13]</a> Là aussi, il y a une grande disparité territoriale entre les communes&nbsp;; seules certaines communes – hélas encore très minoritaires – prennent comme revenu de référence pour les prestations à l’enfance non pas le Quotient Familial correspondant à l’année n-2, mais les trois ou six derniers mois (comme le fait déjà la CAF s’agissant du RSA, des APL ou de la Prime d’Activité qui sont calculés sur la base du revenu des trois derniers mois).</p>



<p><a href="#_ftnref14" id="_ftn14">[14]</a> Dans la commune de Montreuil, une mesure salutaire a été récemment mise en place grâce au combat de longue haleine de la Collective des mères isolées qui réclamait depuis 3 ans un tarif spécifique pour les parents isolés. A été voté à l’unanimité lors du Conseil municipal du 8 février 2023 un abattement de 25 à 40% (en fonction du revenu annuel) sur le tarif des services APE (cantine, centre de loisirs, études, séjours scolaires et périscolaires) pour les parents se déclarant isolés sur la base de la case T de leur déclaration de revenus. La Collective des mères isolées salue cette décision enfin actée par la ville de Montreuil, tout en émettant des réserves quant au principe de l’abattement et du plafonnement, et estime qu’il serait encore plus équitable d’accorder systématiquement une demi-part en plus dans le calcul du Quotient familial des parents isolés – comme le fait, par exemple, la ville de Suresnes.</p>



<p><a href="#_ftnref15" id="_ftn15">[15]</a> Dossier de presse «&nbsp;Service des pensions alimentaires&nbsp;» du gouvernement de janvier 2021</p>



<p><a href="#_ftnref16" id="_ftn16">[16]</a> Rapport de la DREES publié par le Ministère de la Santé et des Solidarités, n°62, 2016</p>



<p><a href="#_ftnref17" id="_ftn17">[17]</a> <a href="https://www.service-public.fr/simulateur/calcul/pension-alimentaire">https://www.service-public.fr/simulateur/calcul/pension-alimentaire</a></p>



<p><a href="#_ftnref18" id="_ftn18">[18]</a> Chiffres de l’ARIPA&nbsp;: <a href="https://sante.gouv.fr/archives/archives-affaires-sociales/familles-enfance/droits-et-aides/article/l-agence-de-recouvrement-des-impayes-de-pensions-alimentaires-aripa">https://sante.gouv.fr/archives/archives-affaires-sociales/familles-enfance/droits-et-aides/article/l-agence-de-recouvrement-des-impayes-de-pensions-alimentaires-aripa</a></p>



<p><a href="#_ftnref19" id="_ftn19">[19]</a> Selon des travaux menés par la Cnaf et cités par la mission des inspections dans leur revue de dépenses, près d&rsquo;un parent isolé sur deux serait éligible à l&rsquo;ASF mais ne la réclamerait pas. Cette situation peut aussi s&rsquo;expliquer par le caractère complexe d&rsquo;une prestation qui répond à plusieurs logiques. L&rsquo;ASF vise tantôt à se substituer à la pension alimentaire, tantôt à la compléter ou bien à aider à l&rsquo;éducation d&rsquo;enfants dont un des parents est absent. Mis en place depuis 2014 par les CAF, les rendez-vous des droits permettent de lutter contre le non-recours en éclairant les allocataires au cours d&rsquo;un entretien individuel. Or les travaux de la Drees montrent qu&rsquo;à la suite de leur rendez-vous, un quart seulement des personnes déposent une demande d&rsquo;ASF lorsqu&rsquo;elles suivent le parcours spécifique ciblant les allocataires ayant connu récemment un évènement fragilisant leur situation financière (naissance, séparation, décès&#8230;). Cf. <a href="https://www.senat.fr/rap/l21-507/l21-5074.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.senat.fr/rap/l21-507/l21-5074.html</a></p>



<p><a href="#_ftnref20" id="_ftn20">[20]</a> Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Panorama des familles d’aujourd’hui, 28 septembre 2021, p.71 (<a href="https://www.hcfea.fr/IMG/pdf/rapport_-_le_panorama_des_familles_2021.pdf">https://www.hcfea.fr/IMG/pdf/rapport_-_le_panorama_des_familles_2021.pdf</a>)</p>



<p><a href="#_ftnref21" id="_ftn21">[21]</a> <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/dossiers-solidarite-et-sante-1998-2016/les-familles-monoparentales-depuis-1990">https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/dossiers-solidarite-et-sante-1998-2016/les-familles-monoparentales-depuis-1990</a></p>



<p><a href="#_ftnref22" id="_ftn22">[22]</a> Étude de l’UNAF rapportée par l’IRES, publication 24 de novembre 2022</p>



<p><a href="#_ftnref23" id="_ftn23">[23]</a> Dans la mesure où, dans le projet de réforme actuel, les personnes n’ayant pas atteint leurs 43 années de cotisation subiront une décote d’au moins 5% au moment de leur départ à la retraite, cette décote reviendra dans le cas des parents isolés à annuler le bonus de 5% par enfant dont ils sont censés bénéficier.</p>



<p><a href="#_ftnref24" id="_ftn24">[24]</a> Cf. Étude publiée en 2015 par le Journal of Epidemiology &amp; Community Health, <a href="https://jech.bmj.com/content/69/9/865">https://jech.bmj.com/content/69/9/865</a></p>



<p><a href="#_ftnref25" id="_ftn25">[25]</a> Lire à ce sujet l’excellente Tribune publiée par le journal <em>Libération</em> le 20 mars 2023, signée par de nombreux élu.e.s, qui pointe du doigt l’insuffisante prise en compte par les pouvoirs publics de la situation dramatique des familles monoparentales en charge d’enfants porteurs de handicap – dans 9 cas sur 10, des mères. Cf. <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/enfant-en-situation-de-handicap-les-peres-doivent-prendre-leurs-responsabilites-les-pouvoirs-publics-aussi-20230308_P6QEKW43SNF7BG6KXEYPFYR5QU/">https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/enfant-en-situation-de-handicap-les-peres-doivent-prendre-leurs-responsabilites-les-pouvoirs-publics-aussi-20230308_P6QEKW43SNF7BG6KXEYPFYR5QU/</a></p>



<p><a href="#_ftnref26" id="_ftn26">[26]</a> Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Panorama des Familles d’aujourd’hui, 28 septembre 2021, p.64</p>



<p><a href="#_ftnref27" id="_ftn27">[27]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681">https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</a></p>



<p><a href="#_ftnref28" id="_ftn28">[28]</a> Rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, Panorama des Familles d’aujourd’hui, 28 septembre 2021, p.80</p>



<p><a href="#_ftnref29" id="_ftn29">[29]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/4226475">https://www.insee.fr/fr/statistiques/4226475</a></p>



<p><a href="#_ftnref30" id="_ftn30">[30]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281361">https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281361</a></p>



<p><a href="#_ftnref31" id="_ftn31">[31]</a> <a href="https://www.senat.fr/rap/r05-388/r05-38816.html">https://www.senat.fr/rap/r05-388/r05-38816.html</a></p>



<p><a href="#_ftnref32" id="_ftn32">[32]</a> <a href="https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/lautonomisation-economique-des-femmes-cle-de-legalite-reelle-entre-les-femmes-et-les-hommes-conference-des-ministres-de-legalite-conference-ministerielle-le-31-janvier-2">https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/lautonomisation-economique-des-femmes-cle-de-legalite-reelle-entre-les-femmes-et-les-hommes-conference-des-ministres-de-legalite-conference-ministerielle-le-31-janvier-2</a></p>



<p><a href="#_ftnref33" id="_ftn33">[33]</a> <a href="https://www.vie-publique.fr/rapport/269827-etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-2018">https://www.vie-publique.fr/rapport/269827-etude-nationale-sur-les-morts-violentes-au-sein-du-couple-2018</a></p>



<p><a href="#_ftnref34" id="_ftn34">[34]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/4285341">https://www.insee.fr/fr/statistiques/4285341</a></p>



<p><a href="#_ftnref35" id="_ftn35">[35]</a> D’après une étude de l’INSEE, 77% des enfants de parents sans emploi sont pauvres, contre 23% quand le parent est en emploi. Cf. INSEE, Portrait social, Edition 2020.</p>



<p><a href="#_ftnref36" id="_ftn36">[36]</a> <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681">https://www.insee.fr/fr/statistiques/5422681</a></p>



<p><a href="#_ftnref37" id="_ftn37">[37]</a> <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/dossiers-solidarite-et-sante-1998-2016/les-familles-monoparentales-depuis-1990">https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/dossiers-solidarite-et-sante-1998-2016/les-familles-monoparentales-depuis-1990</a></p>



<p><a href="#_ftnref38" id="_ftn38">[38]</a> <a href="https://institut-thomas-more.org/2019/09/19/familles-monoparentales-et-pma-%E2%80%A2-quand-la-loi-fabrique-de-la-fragilite-sociale/">https://institut-thomas-more.org/2019/09/19/familles-monoparentales-et-pma-%E2%80%A2-quand-la-loi-fabrique-de-la-fragilite-sociale/</a></p>



<p><a href="#_ftnref39" id="_ftn39">[39]</a> Voir à ce sujet notre proposition de réforme de la Justice aux Affaires Familiales&nbsp;publiée sur Médiapart&nbsp;: <a href="https://blogs.mediapart.fr/collective-des-meres-isolees/blog/210624/pour-un-grenelle-et-une-reforme-de-la-justice-familiale-francaise">https://blogs.mediapart.fr/collective-des-meres-isolees/blog/210624/pour-un-grenelle-et-une-reforme-de-la-justice-familiale-francaise</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/proposition-de-loi-pour-la-creation-dun-statut-de-parent-isole-2023/">Proposition de loi pour la création d’un statut de parent isolé (2023)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
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		<title>Programme de la Collective des Mères Isolées pour les élections présidentielles 2022 : En route vers une proposition de loi</title>
		<link>https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/programme-de-la-collective-des-meres-isolees-pour-les-elections-presidentielles-2022-en-route-vers-une-proposition-de-loi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Collective]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jan 2025 15:19:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Militantisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sur le front politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.collectivemeresisolees.fr/?p=692</guid>

					<description><![CDATA[<p>Programme de la Collective des Mères isolées pour les élections présidentielles de 2022 consultable ici</p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/programme-de-la-collective-des-meres-isolees-pour-les-elections-presidentielles-2022-en-route-vers-une-proposition-de-loi/">Programme de la Collective des Mères Isolées pour les élections présidentielles 2022 : En route vers une proposition de loi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Programme de la Collective des Mères isolées pour les élections présidentielles de 2022 <a href="https://www.facebook.com/100069303575520/posts/260978939555557/?d=n" target="_blank" rel="noreferrer noopener">consultable ici</a><br></p>
<p>L’article <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr/militantisme/programme-de-la-collective-des-meres-isolees-pour-les-elections-presidentielles-2022-en-route-vers-une-proposition-de-loi/">Programme de la Collective des Mères Isolées pour les élections présidentielles 2022 : En route vers une proposition de loi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.collectivemeresisolees.fr">Collective Mères Isolées</a>.</p>
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